Ikea – jour 3

bricolage

 

Suite de Jour 1 et jour 2

 

Quel suspense les enfants, quel suspense. Nous en étions restés à un moment-clef, un climax comme on dit chez les scénaristes de blockbuster.

De nombreuses questions se bousculaient dans la tête de mes chères lectrices :

  • Jean-Fabien va-t-il pouvoir boire son café ?
  • Ne pourra-t-il plus jamais se laver, l’obligeant à retourner à l’état sauvage – tel le primate qui sommeille en lui (et qui se réveille étrangement la nuit quand il ronfle) ?
  • Jean-Fabien est-il condamné à vivre dans une demi-cuisine ?

 

Eh bien, le moment est venu de vous révéler la suite de cette humide affaire.

 

Bricorama, temple d’une religion dont je ne suis pas pratiquant

Me voici donc avec mes deux bouts de tuyaux chez Bricorama. L’énigme semblait simple à résoudre, mais n’ayant jamais encore été confronté à un tel problème, je me suis dit que le mieux était de demander à un spécialiste – quelqu’un d’autre que moi donc.

Arrivé à l’entrée, je vois plusieurs vendeurs en veste jaune cherchant visiblement un bricoleur du dimanche à qui en refourguer un max. C’est là que j’ai compris que j’étais en danger (surtout ma carte bleue en fait, qui était encore rouge de tout ce que j’avais loué chez Kiloutou). J’ai donc pris ma tronche la plus professionnelle possible et je me suis approché d’un grand baraqué.

 

  • Oui, voilà, j’ai un petit problème avec…

 

Je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase que le mec a regardé mes bouts de tuyaux et a dit à une de ses collègues « Un 40 pour le monsieur ».

 

Ha la vache, il m’avait envoyé vers la stagiaire. J’étais même pas assez intéressant pour lui. J’avais l’impression de demander à une médaille Fields de me réexpliquer le théorème de Thalès. Je dégoulinais de honte.

La fille m’a amené au rayon plomberie – elle m’aurait amené à la visserie, je me serais douté d’un coup fourré – et m’a tendu un « raccord » (c’est comme ça qu’elle a dit), m’a demandé si j’avais de la colle (quelle genre de colle ? uHu ?) et m’a renvoyé à mes interrogations.

Heureusement qu’il y avait une notice sur la colle.

 

 

Le moment de vérité

De retour à l’appart, j’ai joué mon va-tout : découpé le bout de PVC à la scie sauteuse (rien ne me résiste), usé les deux bouts de tuyaux à raccorder avec un abrasif quelconque (ça y est, je parle comme un bricoleur), mis de la colle partout (enfin surtout sur mes doigts, j’espère que je vais pas rester collé sous l’évier), puis assemblé le tout. Après, j’ai connecté les tuyaux, mis le robinet en équilibre comme j’ai pu (je vous ai dit que j’avais pas encore commandé le plan de travail ?), et puis est venu le moment de vérité.

J’ai été tourné le robinet. J’ai dit « tourné ». Bordel, ce con est coincé, eh merde. Bon, après quelques coups de clef dans la gueule, le robinet a tourné. Et… Et rien, pas une fuite, rien du tout. L’eau coulait à ma parodie de robinet et y’avait pas une goutte par terre.

Et dire qu’on fait tout un foin de la plomberie.

 

 

Le chevalier du rail

Evidemment, cette histoire de café n’était qu’une fuite (ah ah) temporaire, un pas en arrière. Il était venu le temps d’affronter mon vrai ennemi, celui qui allait faire tenir ma cuisine debout : le rail.

Alors, dans la notice, ils disaient 82 cm de haut. Bon ok. Soyons obéissant. J’ai pris mon mètre et il était formel : j’allais devoir percer les carreaux de mon proprio (si tu me lis d’ailleurs : c’est pas ma faute, c’est celle d’Ikea).

Je me suis dit « fastoche ». Maintenant que je sais faire de la plomberie, c’est pas un vulgaire carreau blanc qui va me faire peur.

J’ai mis le plus beau foret sur ma plus belle perceuse (mon père au téléphone était formel « utilise du 8 ») et j’y ai été à fond.

 

Mon combat contre le carreau, 1ère manche :

. Carreau : 1              Moi : 0

 

Après avoir éclaté un foret et même pas fait une éraflure au carreau, j’ai compris que mon proprio aimait la bonne came : ses carreaux, c’était du solide.

J’ai alors changé de tactique. J’ai appelé mon père et j’ai découvert qu’il existait plusieurs types de foret et plusieurs modes à la perceuse (là, à vue de nez, on devait être à hiver 2014). Les ingénieurs de Black & Decker n’avaient pas jugé utile d’inventer le mode carreau, mais il existait tout de même un mode qui envoyait pas mal le bois tout de même : le mode bêton. J’ai mis la mèche idoine et j’y ai été franco de porc.

 

Mon combat contre le carreau, 2ème manche :

. Carreau : 2             Moi : 0

 

Je savais pas si les buts à l’extérieur comptaient double mais il était quand même hors de question de ne pas marquer chez moi. Alors, j’ai eu une idée (ça m’arrive une fois tous les 10 ans, fallait que j’en profite) : j’allais percer entre les carreaux, au niveau des joints.

J’avoue que j’étais assez fier de moi alors j’ai pris une bière (le frigo était toujours branché). Puis une deuxième parce que j’ai trouvé que la première était trop courte.

Ensuite, j’ai calculé la taille maximum du foret que je pouvais prendre sans percuter le carreau et j’ai recommencé mon manège.

 

Mon combat contre le carreau, 3ème manche :

. Joint : 0                  Moi : 1

 

Après avoir percé une dizaine de trous, je me suis senti prêt à poser ce putain de rail. Alors, j’ai repris une bière. Inutile de dire qu’un tel événement se fêtait.

J’ai positionné le rail et j’ai commencé à mettre les vis avec les cales de sorte qu’il soit droit (c’était la moindre des choses), mais le niveau arrêtait pas de tanguer.

J’ai finalement réussi à mettre mes vis et le truc avait l’air de tanguer horizontalement, ça devait être bon.

J’ai regardé le truc en reprenant une bière et j’en revenais pas.

Non mais quand je vois la fierté qui m’étreint après la pose d’un rail, je me dis que si j’avais bossé comme ouvrier sur le chantier du TGV Paris-Bordeaux, j’aurais vécu dans un orgasme permanent. J’ai clairement raté ma voie (ah ah).
Bon allez je vais me reposer comme les mecs sur la notice – non mais, y’a pas de raison – c’est que ça fatigue tout cet humour.

 

Après une petite sieste, j’ai commencé à vouloir mettre les meubles sur le rail (logique, j’allais pas mettre un rail pour foutre le train dans la nature). Etrangement, les meubles ne voulaient pas s’y loger. J’ai essayé une fois, deux fois, repris une bière, trois *hips* fois. Et là, j’ai compris le problème : j’avais découpé ces putains de meuble avec une hauteur de pied au minimum (genre 6 cm) alors que le rail est, lui, à 82 cm, c’est-à-dire pour des pieds à 7 ou 8 cm.

 

J’ai regardé mes meubles, j’ai regardé mon rail, j’ai regardé la découpe, j’ai regardé les pieds, j’ai vu les miens. J’en avais à peu près deux. J’ai regardé mon taux d’alcoolémie.

 

C’est quand j’ai compris que j’allais devoir refaire mes découpes faites à la scie sauteuse parce que j’avais fait les trous deux cm trop haut (*) que j’ai ouvert la bouteille de whisky.

 

———

(*) SANS PRENDRE EN COMPTE LA HAUTEUR DU PUTAIN DE RAIL A LA CON (**)

(**) je gueule si je veux, je suis en train de bricoler.

 

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8 réponses à “Ikea – jour 3

  1. Très drôle (désolée de rire de tes déboires… surtout après toutes ces bières :-)).
    Je réfléchis pour mon installation de ma prochaine cuisine à faire appel à toi. Ce n’est pas que je mette en doute tes capacités de bricoleur mais cela va me revenir cher en alcool…
    J’attendrai que Vincent retrouve l’usage de sa main droite (accident du travail, tendon du pouce coupé).
    Bon courage pour la suite, saison 1, épisode 4.

  2. J’ai déjà laissé un commentaire dans une autre vie ? A propos des bouteilles vides qui traînaient dans la cuisine dans lesquelles je me suis pris les pieds. Vivement le prochain épisode.

  3. Pingback: Ikea – Jour 4 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

  4. Pingback: Ikea – jour 5 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

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