Ikea – Jour 1

 

 

 

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Chacun son Everest.

Certains s’engagent dans des ONG pour aller mener des actions humanitaires à l’autre bout du monde – et j’avoue que l’altruisme chez les autres m’a toujours fasciné (presque autant que leur altérité).

D’autres décident d’écrire un livre – pff n’importe quoi.

On connaît même des gens qui deviennent socialistes.

 

Ben moi, j’ai acheté une cuisine Ikea (faut dire que j’étais déjà socialiste).
S’il fallait planter le décor pour vous expliquer un peu, j’aurais bien du mal parce que la dernière fois que j’ai tenté de le faire avec un clou, c’est lui qui a gagné.

Ça c’est pour le contexte.
Mais comment en suis-je arrivé là, te demandes-tu chère lectrice ?

En voilà une bonne question.

 

 

Un dimanche à la campagne

L’avantage de vivre intra-muros, c’est qu’on n’est pas emmerdés par les différentes tentations que la vie à la campagne nous assène jour après jour : pêche en rivière, kitesurf, zonage chez Leroy-Merlin.

Mais voilà, on ne peut pas s’enraciner rive gauche éternellement. Certains jours, poussé par la curiosité de découvrir les autochtones de la banlieue, on va chercher sa voiture à la fourrière (le meilleur parking de la ville) et on s’aventure de l’autre côté du périph’ (évidemment, on n’a pas oublié de prendre son traitement contre le paludisme).

C’est ainsi que le week-end dernier, je me retrouvai chez… Ikea.

Oui, le truc jaune et bleu où tu repars systématiquement avec des trucs dont t’as pas besoin (une plante verte, des nouvelles assiettes, une lampe de bureau, un mal de dos).

Donc, voilà, j’étais chez Ikea et alors que la plupart des abrutis repartent avec une bougie parfumée senteur potiron, moi j’ai acheté une cuisine.

Un moment d’absence.

 

Bon évidemment, on peut voir ça différemment. On peut considérer que j’ai renversé le paradigme : quand les gens repartent avec un chausse-pied, toi tu repars avec 12 caissons. C’est une façon plus optimiste de voir cet instant de folie qui m’a traversé.

 
De l’intérêt d’avoir du coffre

Ben oui, je vais pas vous apprendre le principe d’Ikea : tu montes toi-même.

Bon, en fait, avant de pouvoir monter, faut se livrer soi-même aussi (sont malins chez Ikea, je suis sûr que même la bougie fraise des bois, c’est toi qui plante la mèche après être revenu de la forêt avec tes fruits rouges).

Alors évidemment, je dis ça comme ça, mais je sais pas si vous imaginez la place que ça prend dans une voiture. A côté, ranger votre coffre pour partir en vacances c’est du gâteau au yaourt.

Mais je vais un peu vite en besogne, car avant de jouer à Tetris, il a fallu faire la queue comme à la sécu en prenant un petit ticket au rayon cuisine (c’est fou le nombre de gens qui achètent des cuisines avant les fêtes – ou alors, ils se sont gourés, ils se croient vraiment à la sécu), construire une cuisine sur un logiciel avec le gentil monsieur, changer quinze fois d’avis quant à la finition, finalement prendre celle qui est en stock sinon faut revenir dans 2 mois et juste faire une petite modification sur un meuble pour faire comprendre au gentil monsieur que c’est toi le maître.

Après, tu pars avec deux papiers : un avec la liste de ce qui est en ‘libre-service’ (comme à la station essence, l’odeur de gasoil en moins) et un de ce que tu vas devoir aller chercher au retrait marchandise (Ikea, ce fabuleux jeu de piste).

Me voici donc, traversant les luminaires, la vaissellerie, les bougies à la con, les plantes vertes, sans jamais jeter un regard vers tous les minables qui achètent des trucs inutiles et pas encombrants. Je marche d’un pas décidé : j’ai une mission.

Et j’arrive enfin au libre-service. Joie de se retrouver dans un hangar grand comme le palais des congrès avec des allées numérotées dans tous les sens et au climat assez proche de celui de la Suède (coton à chauffer un tel truc).

Assez vite, à force d’accumuler les meubles sur mon chariot, je comprends que je pourrais pas partir avec mon lave-vaisselle (tiens, d’ailleurs, pourquoi ils font pas des lave-vaisselles à hublot comme les lave-linge ? J’aime bien les hublots).

Par conséquent, je repars avec une demie cuisine et le coffre de ma voiture me dit merci (je m’entraînerais à Tetris niveau expert un autre jour).

 

 

Le grand déballage

Une fois arrivé chez toi (en passant par la case ascenseur Dieu merci), tu fous tout en vrac dans un coin et tu vas te coucher (la vie de banlieusard n’est pas fait pour toi, tu le sais maintenant).

Le lendemain, c’est le bordel, y’en a partout et tu commences à déballer, façon 25 décembre : youhou, cette année, j’ai reçu pleins de bouts de bois et… des rails.

Putain, c’est quoi ces rails.

Voilà que je me suis gouré, j’ai acheté un train.

Je regarde sur internet, je découvre qu’on accroche les meubles à ces rails et qu’ils doivent être positionnés à 82 cm de hauteur. Pourquoi 82 ? Mystère et boule de gomme suédoise.

Mes meubles font 80 de haut. C’est expliqué nulle part pourquoi le rail doit être à 82, mais c’est comme ça.

Tiens, en plus, ça ne tient pas sous le carrelage déjà posé dans ma cuisine.

 

Je sens que tout ça commence bien.

 

Bon, je vais juste déplacer le frigo pour l’instant. On verra demain pour le reste.

 

Putain, et dire que c’était juste le jour 1.

 

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13 réponses à “Ikea – Jour 1

  1. Super Fabien en installateur de cuisine ?
    J’en ai rêvé … et j’ai juste envie d’avoir une belle cuisine bien équipée.
    Fais-toi la main chez toi et après tu pourras venir quand tu veux chez moi pour que tu puisses me montrer tes talents de bricoleur. Il y a peut-être un Goncourt des bricoleurs à prendre ?
    (je prépare les dosettes de café, les petits gâteaux secs et un bon jus de fruits).

  2. Pingback: Ikea – Jour 4 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

  3. Pingback: Ikea – jour 5 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

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