Ikea – Jour 2

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Suite de : Ikea – Jour 1

Un jour, une personne aimable – et d’une finesse psychologique sans égale – s’est enquise de la raison pour laquelle je devenais grossier lorsque je bricolais. Je lui ai simplement répondu « tu veux un coup de marteau sur la gueule, connasse ? ».

Car dans la repartie comme dans le montage d’une cuisine, l’efficacité doit être le mot clef (même pas besoin qu’il soit Allen).

 

Nous en étions restés, chère lectrice, au moment où j’étais submergé par le questionnement devant ces rails de deux mètres de long et la nécessité de les positionner à 82 cm de hauteur.

Eh bien, sache que j’ai eu la réponse (qui ne m’a pas satisfaite d’ailleurs car nécessitant la destruction de carreaux blancs posés par le propriétaire – adieu caution…), mais que son intérêt est assez limité, donc j’ai décidé de t’épargner des différents détails techniques, car il y a plus grave.

 

Oui, il y a même très grave.

 

Mais revenons-en à la chronologie de cette aventure digne d’un épisode de 24h chrono.

 

 

De l’intérêt d’être zen

En me posant des questions sur ces fameux rails (qui ont la désagréable caractéristique de ne point se sniffer), je tombe par hasard sur une notice de montage Ikea. Passé le premier choc – pourquoi ne la donne-t-il pas systématiquement dès lors qu’on fait la folie d’acheter une de leur cuisine ? – et la première consultation, quelle n’est pas ma surprise de constater que tout cela a l’air d’une simplicité confondante (du genre qui te fait confondre vitesse et précipitation).

Ainsi, Ikea t’explique dans cette notice qu’il faut commencer par poser les rails (bien sûr, on imaginerait pas lancer le TGV à pleine vitesse sans s’assurer qu’il va dans la bonne direction) et après… ben après, tu bois le café pardi !

Mais oui, c’est écrit noir sur blanc « le plus dur est fait, un petit café ? ».

 

Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai déchiré une première fois la notice de montage.

 

 

Le matos, coco. Tout est dans le matos

On imagine assez mal un alpiniste partir gravir le mont blanc en tongs. Eh bien pour les cuisines c’est pareil. On ne monte pas une cuisine Ikea en tongs. Non, c’est pas ça : on ne monte pas une cuisine Ikea avec un simple tournevis. Même le marteau n’est pas suffisant (le marteau te sert juste à détruire le peu que tu as réussi à monter quand tu vois que tu n’arrives pas à monter le reste).

Assez vite, quand j’ai regardé la gueule de mon mur et le nombre de tuyaux qui serpentaient le long de mes plaintes (ouais, je sais que ça s’écrit plinthe, mais vu ce qu’elles ont pris dans la gueule ce week-end, j’ai le droit à ce jeu de mots moisi), j’ai vite compris qu’attaquer les bouts de bois avec mon cruciforme allait me prendre du temps (pourquoi ils ont pas encore inventé le wi-fi pour la flotte, hein, pourquoi ??). Donc, me voici chez Kiloutou. Genre, les mecs louent vraiment tout. C’est-à-dire qu’il m’a suffi de dire « je monte une cuisine Ikea », qu’il a suffi au mec derrière son comptoir de regarder mes mains toutes propres de joueur de flûte à champagne pour qu’un sourire illumine son doux visage.

Genre le bricolo du dimanche.

Je suis reparti avec tout ce qu’il faut pour monter ma cuisine et même de quoi détruire tout le pâté de maison.

Bordel, on va voir ce qu’on va voir.

 

 

La scie sauteuse

Au début quand il m’a parlé de scie sauteuse, j’ai cru qu’il s’agissait d’une fable de la fontaine. Tu vois un truc avec une scie (ce serait une sorte de grue ou de moineau des montagnes) qui aurait baisé tout l’hiver et qui serait totalement dépourvue à l’approche des grandes vacances.

Mais non. En fait, c’est une scie. Tout bête avec des dents. Bon elle marche sur batterie. « Vous verrez, c’est plus pratique pour aller dans les coins » m’a-t-il dit. A un moment, je me suis demandé s’il parlait d’une brosse-à-dents. Quand j’ai appuyé sur le bouton, j’ai percuté qu’il s’agissait d’autre chose : j’avais loué une machine pour découper des machins. Trop fort.

Alors, j’ai fait des trous. Dans tous les sens. Bon, j’ai eu un peu de mal pour les arrondis, alors j’ai fait des découpes un peu gothiques, c’était assez joli (trop bête que ce soit au niveau des plinthes, personne ne verra mes talents de sculpteur sur aggloméré).

Bref, une fois que j’ai eu tout découpé et fait chier tout l’immeuble avec un bruit de truie dans le couloir de la mort, j’étais épuisé. Alors j’ai fait la plomberie.

 

 

Mauvais choix la plomberie.

Punaise Muller, t’apprendras jamais rien. Si tu veux qu’on te respecte comme bricoleur, il faut que tu connaisses tes limites.

Je me suis rappelé avant de tout péter avec mes super outils que j’avais loués pour le week-end (il fallait donc rentabiliser, hors de question de laisser mon appartement intact) que c’était quand même mieux de couper l’eau avant de s’attaquer à la plomberie. Pas con le truc : avant d’inonder l’immeuble, on réfléchit. Je dis ça, mais laver mon appartement ne lui aurait pas fait de mal et la voisine du 7ème m’emmerde suffisamment pour que je trouve amusant de l’arroser un peu.

Finalement, je décide de quand même couper l’eau. C’est dans ces moments-là que je comprends que j’ai mûri.

 

Je vais donc chercher ce robinet d’arrêt. Mince. Y’a juste sous le chauffe-eau où il y a carrément 7 robinets.

Après divers essais façon jeu vidéo, il s’avère que ce sont les deux de gauche : un pour l’eau chaude et un pour l’eau froide (ils avaient pas encore inventé l’eau tiède ?). Quand je tourne les autres, il se passe rien (ou alors dans un autre appart).

Bref. Je sais couper l’eau.

 

Evidemment, une fois l’eau coupée, j’ai commencé à démonter l’ancien évier (genre : tu peux plus faire machine arrière !) et j’ai regardé les tuyaux. Puis j’ai regardé le nouvel évier. Bon, j’ai jamais été bon aux jeux de maternelle où fallait pas mettre les carrés dans les ronds, mais là c’était quand même à peu près évident que même en forçant, aucun des deux tuyaux n’allait rentrer dans l’autre (même le 21 décembre – c’est-à-dire la journée mondiale de l’orgasme).

Bref, j’ai regardé l’heure. J’avais encore le temps d’aller chez Bricorama.

 

J’ai alors repensé à ces abrutis de la notice qui buvaient leur café et j’ai compris que sans eau, je pouvais pas faire de café.

 

C’est là que j’ai bouffé les miettes de notice.

 

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11 réponses à “Ikea – Jour 2

  1. Vivement les fêtes que le Père Noël t’apporte un coffret pour des seances de relaxation zen !
    Bon courage.
    Et bonnes fêtes quand même.
    L’année prochaine c’est toi qui invite pour inaugurer ta nouvelle cuisine ?

  2. Beaucoup moins de bière, on sent que l' »auteur sans succès » doit assurer. Peut-être a t’il un alcootest de cuisine?

  3. Pingback: Ikea – Jour 4 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

  4. Pingback: Ikea – jour 5 | Jean-Fabien, auteur sans succès·

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