Ikea – jour 5

cuisine

 

Suite de Jour 1,  jour 2, Jour 3 et (forcément) Jour 4.

 

 

Toute aventure a une fin. Même les plus longues (celles devant lesquelles on s’endort sur le canapé, le chat sur les genoux).

Ce rôle de pure composition que j’ai joué pendant plusieurs semaines – bricoleur du dimanche un jour de semaine pour ceux qui suivent – doit s’arrêter ici et maintenant. Au-delà du fait que ma cuisine est quasi fonctionnelle (l’eau coule au robinet sans inonder la blonde du 7ème, je peux de nouveau faire cramer des pizzas dans mon four, etc.), il en va de ma survie. On peut se planter 1000 fois un clou dans le doigt, on peut mettre 1000 doigts sous un clou, mais on ne peut pas, etc.
Mais, comme souvent, je vais un peu vite en besogne (non, je ne parle pas de ça, chérie).

 

Je vous avais laissé chères lectrices la dernière fois – je ne parle pas aux hommes, eux savent monter une cuisine – juste après m’être aperçu (« youhou, Fabien ») que faire une cuisine droite quand les murs ne le sont pas, c’est à peu près aussi dur qu’un truc très dur.

 

Alors voilà, c’est reparti pour une immersion totale et sans tuba – quoique… si vous voulez vraiment souffler dedans… – dans le monde fabuleux du bricolage sans bricoleur.

 

 

De la nécessité de rester zen

Une fois mes meubles à peu près droit (à vue d’œil) et stable (je vis depuis 40 ans avec une jambe plus courte que l’autre, je ne souhaite ça à personne, même pas à un meuble d’angle Ikea), je constate qu’il ne me reste plus grand-chose à faire : les portes à mettre (fastoche), les finitions (de la rigolade) et puis le plan de travail (pff, trop simple).

Je commence à entrevoir une lueur blafarde au bout du tunnel interminable et sombre.

Evidemment c’est sans compter sur la magie Ikea. T’as l’impression que c’est toujours simple mais quand tu commences à prendre ton tournevis, là tu te poses pleins de questions que le mec de LA PUTAIN DE NOTICE se pose jamais (apparemment). Donc, tu montes une première fois tes portes et il y en a pas une de droite. Pas UNE. Donc là, tu regardes comment faire le réglage.

Et là tu comprends.

Tu comprends pourquoi des gens jettent des bébés chats contre les murs. C’est pour se calmer les nerfs (c’est vrai que le bruit du petit coup qui se brise a quelque chose d’apaisant, c’est indéniable).

Non mais les gars de chez Ikea, jamais vous testez vos trucs ?

Putain le mec qui arrive à régler sa porte sans fracasser la tête de sa femme quand elle lui demande pourquoi c’est pas droit, je lui paye un rail.

En tout cas, après le meurtre de 4 bébés chats, j’ai décidé que c’était pas plus mal de traviole (et puis mon chat, après s’être pris le mur, trouve ça très droit, lui).

 

 

Un lave-vaisselle

Il y a quelques temps, une amie m’a dit « non mais prends un lave-vaisselle, c’est trop con de s’en priver ». Entre vous et nous, considérant le fait que c’est TOUJOURS moi qui fais la vaisselle à l’appart (je sais pas pourquoi je crie, j’ai dû forcer sur la harissa hier au soir), j’ai considéré son  point de vue avec intérêt. C’est vrai quoi. Je me paye une cuisine, pourquoi ne pas en  profiter un peu en allégeant mon nombre d’heures de réalisation de tâches à faible valeur ajoutée. Donc, j’ai craqué et j’ai pris ce lave-vaisselle.

Avec le recul, je me dis que j’aurais dû faire monter ces satanés tuyaux toujours trop courts à cette amie généreuse.

C’est en tout cas une question que je pose à la (Eric) cantonade : pourquoi fait-on des tuyaux d’arrivée d’eau et d’évacuation si courts ? On est censé construire la cuisine autour du lave-vaisselle ? c’est quoi l’astuce les gars ?

Merci d’envoyer vos réponses par la Poste, la meilleure réponse féminine gagnera un week-end avec l’écrivain de ses cauchemars.

 

 

Le mauvais plan

Et sinon, je vous ai parlé de mon plan de travail ? En fait, c’est le truc que tu poses quand t’as fait le reste (sinon, ça s’appelle du carrelage). Chez Ikea, c’est trop fort, t’achètes ta cuisine mais tu peux pas repartir avec le plan de travail parce qu’il doit être fait sur mesure et que ça prend 6 semaines à faire (j’imagine que cela inclut le temps pour aller couper l’arbre). Donc, déjà la mesure, je me dis qu’ils ont qu’à prendre la mesure qu’il y a sur leur super plan 3D à la con (ce serait un bon début), mais le vendeur m’encourage à aller prendre les mesures moi-même (le mec doit savoir que les murs sont pas droits chez moi, ça fait pas un pli).

Bref, tu prends les mesures chez toi (au moment où tu sais déjà que les murs sont droits comme un dos d’âne), tu mets ça sur un papier et tu vas commander ton plan. Et après t’attends. T’attends. T’attends.

 

Et puis un jour (un jour où ça fait déjà 5 semaines que tu vis avec un évier sur deux planches et le robinet sous l’évier que tu vas chercher dès que tu veux un verre d’eau), un mec sonne à ta porte. C’est ton plan de travail. En deux morceaux (de toute manière, en un seul, il passait pas la porte et fallait le monter par l’escalier).

C’est là que tu comprends que tu n’en as pas fini avec la scie-sauteuse. Parce que chez moi, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas seulement des tuyaux par terre, y’a aussi des tuyaux en l’air, de travers, en diagonale. C’est bien simple, tu peux pas fermer les yeux deux secondes sans te prendre un tuyau dans la poire.

 

Et là, comme t’as déjà galéré 5 semaines et que t’en peux plus, que tu peux plus voir un tournevis en peinture (surtout qu’une peinture de tournevis, merci), eh ben, tu fais le truc que t’aurais dû faire depuis le début. Ah oui, ça te trottait bien dans la tête, mais bon t’as ta fierté et tout ce qui va avec, alors t’a fait comme si. Mais bon, là le plan de travail c’est trop. ALORS T’APPELLES TON BEAU-PERE ET TU LUI DIS : EUH BON, TU FAIS QUOI DEMAIN ? (ouais en criant, parce que vraiment faut que t’arrêtes la harissa bordel).

Donc, le beau-père, il rapplique son cul (il a pas envie que tu fracasses sa fille d’énervement, déjà qu’elle a pris cher avec les portes – oui, mais pourquoi a-t-elle pris la défense du bébé chat ? hein,  pourquoi ?!), et il te dit « va faire un tour, ta cuisine est entre de bonnes mains ».

Et là, quand tu rentres chez toi : t’as une cuisine.

 

C’était pas si compliqué bordel.
Bizarrement d’ailleurs, maintenant que ma cuisine est finie, l’illusion que je pourrais en monter une 2ème me submerge.
Je vais plutôt aller picoler, tiens. Pendant que mon beau-père nettoie le bordel qu’il m’a foutu.

 

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3 réponses à “Ikea – jour 5

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