Le monde de l’édition 3 – Où ne pas envoyer mon manuscrit

 

Une fois de plus, mon article fut un tel plébiscite (si vous pouviez être autant à acheter mes bouquins qu’à commenter mes articles, je pourrais me payer quelques vacances (à vot’ bon cœur)), que je me voyais mal en rester là.

 

Bon alors, résumons :

+      Vous avez un manuscrit à peu près propre

+      Vous savez (à peu près) où et comment l’envoyer

 

Enfin, je dis « où ». Essayons d’y voir un peu plus clair.

 

Je reçois ce matin une relectrice méritante (un peu jeune, mais sympathique et pleine d’entrain (je parle même pas de ses jolis yeux verts, bref)). Appelons-la Servane pour respecter son anonymat.

 

 

J’adore ton blog ! C’est trop génial !!!!

Quand je vous avais dit qu’elle était pleine d’entrain. Bon, euh… t’as une question ?

 

 

Oui pardon (c’est l’émotion, j’en reviens pas de parler au VRAI Jean-Fabien).  Bon, voilà, j’ai lu dans ton dernier article (génial, soit dit en passant) que tu avais sous le coude une liste d’éditeurs à éviter !!! Partage !!!

Tu veux dire qu’il va falloir que je soulève mon coude ? Même pas pour une bière en plus ? Argh… Bon, alors voyons ça. Ok, une première liste comme ça, à l’arrache (merci aux auteurs masqués qui se reconnaîtront j’en suis sûr !).

Classons en deux catégories (ceux qui sont aux abonnés absents) et les contrats abusifs (type compte d’auteur ou assimilés).

 

1)  Contrats abusifs (ça craint quand même d’abuser les pov’ gens, surtout quand ils sont auteurs, c’est-à-dire clairement sous le seuil de pauvreté) :

Baudelaire, Bénévent, Théles, Elzévir, Persée, Jet d’encre, Mélibée, Amalthée, Société des écrivains, Edition en ligne, Bibliothèque numérique de Monaco, La plume noire, Panthéon (du), Manuscrit.com, Osmondes, Inlibroveritas, Presse du midi, Terriciae (pas mal de problèmes d’après un certain nombre de témoignage, même si c’est pas le cas pour tout le monde), La pensée universelle, Etoile de la pensée (on a du mal avec la pensée visiblement), L’instant perpétuel, Gunten, Officine, Fata morgana, Sémaphore, Imago, Editions Hirle, Velours, Paulo-Ramand, La compagnie Littéraire, La Bruyère, Éditions du Beffroi, edifree.fr, unibook.com, yourscribe.com, carrefour du net, Scripta, La voix au chat libre, Le publieur, La Société des Ecrivains, Publibook, Fondation littéraire, Fleur de Lys (Quebec), Les deux encres, Apopsix (pas clair), Praelego, de l’ecrit au livre (semble-t-il).

 

 

2) Jamais de réponse (et ça mon pote, c’est grave aussi) :

BSC Publihing, Noviny44, Altal

 

Sinon, je savais pas qu’il existait un faux Jean-Fabien, mais passons.

 

 

C’est flippant !!! J’ai l’impression qu’il y a plus de mauvais éditeurs que de vrais éditeurs !!! Mais d’ailleurs, pourquoi tu dis que ce sont de mauvais éditeurs ?

Si tu as peur, rapproche-toi un peu de moi… Voilà, on est mieux, non ? (mon Dieu, tu as vraiment de jolis yeux toi ? Tu habites chez tes parents ?).

*Aheum*

Oui, donc, pourquoi de mauvais éditeurs ?

Ben, en fait, quand tu regardes leur contrat, ce sont plutôt des contrats de prestation de service. C’est-à-dire qu’ils ne s’engagent sur rien d’autre qu’imprimer ton bouquin (pas de droits d’auteur souvent ou alors seulement après un certain nombre de ventes, pas de dépôt légal, une « dîme » à payer pour signer le contrat, pas de corrections de ton livre (t’as intérêt à être bonne… en orthographe (pour le reste ça ira je pense)), tu dois fournir l’illustration toi-même, pas de promotion (ou si peu), etc.). En gros, ils ne prennent aucun risque éditorial, puisque c’est toi qui l’assumes en payant pour ce service (heureusement, en contrepartie, tu ne cèdes pas tes droits, c’est-à-dire que tu as tout loisir d’aller voir ailleurs, même après avoir signé !! (perso, je te conseille d’aller voir ailleurs avant de signer, mais c’est ton problème)). On ne peut donc pas appeler cela des éditeurs (qui est une profession très réglementée).

 

 

Ok, je comprends y’a les bons et les méchants…

Ha, ma petite Servane, si cela pouvait être aussi simple. Malheureusement, c’est rarement blanc ou noir (à part les zèbres). Car il y a aussi des bâtards. Au sens strict du terme (même si ce sont effectivement des bâtards), c’est-à-dire qu’ils mixent (oui, oui, un peu comme ton oncle Alfred à Ibiza). Ils se caractérisent par des contrats qui ont l’air « normaux » (cf. question suivante), mais avec des clauses abusives, du type :

+ Contrepartie financière, type « dessous de table » (pour « faciliter » la publication)

+ Paiement de certains éléments en « bonus » (du genre, on a soit une couverture moche, soit une couverture sympa, mais ce serait bien si vous connaissiez un illustrateur, parce que là on est en pleine ré-org et le notre s’est barré…)

+ Système de souscripteurs ou de précommandes (et malheur à vous si vous n’en trouvez pas assez…)

+ Droits d’auteurs avec sommes recoupables (vous ne touchez des sous qu’au bout d’un certain nombre de ventes (en gros, quand l’éditeur rentre dans ses frais))

+ Achat obligatoire d’un stock de vos livres (officiellement pour les salons, les signatures, etc.)

 

 

 

Quels sont les clauses classiques d’un vrai contrat d’édition ?

Alors, un contrat d’éditeur est un contrat de cession de droits. Cela veut dire que tu cèdes à un tiers les droits patrimoniaux sur un livre à fin d’exploitation. En contrepartie, l’éditeur te verse dès le premier livre vendu (et sur la base d’un pourcentage du prix public) des droits d’auteurs. Tu comprends bien dans ce système que c’est le risque que l’éditeur prend à te publier qui constitue une garantie pour toi qu’il va effectivement exploiter ton œuvre (au moins pour rentrer dans ses frais).

Les clauses classiques sont (en vrac) :

1) Objet du contrat : En gros, c’est le périmètre de la cession de droits (territoires, durée, etc.)

2)  Obligations des deux parties :

  • Pour l’auteur : remise du manuscrit, engagement quant à l’originalité de l’œuvre, etc.
  • Pour l’éditeur : obligation de publier, etc.

3) Rémunérations (droits d’auteur) : %age sur chaque vente suivant format et/ou support (il est clair qu’on ne peut pas demander le même pourcentage pour un livre physique vendu en librairie et des livres en impression à la demande, ou même un pdf !)

4) Eventuellement, il y a un paragraphe concernant l’à-valoir (avance sur droits d’auteur)

5) Extension aux droit dérivés : traduction, merchandising, etc.

6) Comptes : comment et quand sont restitués les états de vente à l’auteur, comment et quand sont faits les paiements, etc.

 

La cession des droits d’adaptation audiovisuelle est en général à part, dans un autre contrat.

 

Bon, c’est plus clair jeune amie ?

 

 

Haaaa… Jean-Fabien, tu es un puits de science…

 Et encore Servane, tu n’as pas tout vu… Tu as encore des questions ou alors on peut passer à des choses plus sérieuses (en parlant de puits) ?

 

 

J’aurais adoooooré… Mais il y a La petite Sirène ce soir à la télé et c’est mon Disney préféré. Allez, ciao !

Euh… c’est un râteau, ça ?

 

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36 réponses à “Le monde de l’édition 3 – Où ne pas envoyer mon manuscrit

  1. je rajoute : les éditions de l’écrit-au-livre, qui propose des contrats à compte d’auteur, sans promo, sans pub (c’est un peu la même chose), sans propositions de séances de dédicaces en librairie, mal distribué et quasiment inconnues dans leur propre département ! J’y ai laissé plus de 200 € sans espoir de les revoir un jour…

  2. Ah ! ces histoires de contrats. Dur, dur. Heureusement, je n’ai aucun talent pour l’écriture. Comme cela je n’ai pas besoin de comprendre tout ce charabia. Et vive la littérature 😉

  3. Billet intéressant et qui me parle après avoir réussi à publier mon 1er livre et découvert cet univers de l’édition.
    J’ai vécu la frustration de ne pas avoir de réponses (elles peuvent parfois arriver tardivement ), un coup de massue avec un éditeur qui est revenu sur son accord (même si les raisons étaient pour partie compréhensibles) mais aussi le plaisir d’avoir des encouragements, voire des conseils, même en cas de réponse négative ( je parle là de mails, de courriers manuscrits et non de lettres toute faites), pour comprendre les raisons d’un refus, ce qui peut être retravaillé. Ce fut le cas de Glénat/Chasse-Marée et La Martinière.
    J’ai insisté car, après avoir hésité sur l’auto publication, je souhaitais avoir l’accord d’un éditeur pour que cela confirme l’intérêt de l’angle choisi compte tenu des nombreuses autres publications sur ce sujet.
    Un parcours un peu long, avec des hauts et des bas, mais, avec recul, pas trop difficile, avec un livre qui existe aujourd’hui (1er tirage à 2 000 ex), un vrai contrat et de bonnes relations avec mon éditeur.

    Mon second projet a immédiatement retenu l’attention d’un éditeur (appartenant à un grand groupe) mais après présentation en comité, il m’a été demandé de trouver 1 ou 2 contrats de pré achat, soit l’équivalent de 1 000 exemplaires. Projet en attente et adressé à 2 autres éditeurs.

    En discutant avec les auteurs avec lesquels je partage les séances de dédicaces ou ceux qui ont publié dans mon secteur pro (conseil/formation), je vois vraiment tous les cas de figure sur les aspects relationnels, financiers, contractuels…
    et, comme dans tous domaines, il faut analyser tous les aspects (de la conception à la mise en place) et comparer ce qui est comparable : un % sur un ouvrage tiré à 500/700 ex. et un % sur un ouvrage tiré à 10 000 ex., l’existence et le professionnalisme d’un distributeur…

  4. Bonjour!
    Et bien, votre article ne fais pa bonne presse aux maisons d’édition… pour en être une toute jeune, je souhaiterai quand même apporter un peu d’eau dans votre vin, si vous le permettez…
    Dans mon cas, par exemple, j’ai créé ma maison d’édition car comme vous, raz-le-bol des « branleurs » qui ne font que prendre votre argent. Mais n’ayant pas les « reins financiers » solides, j’ai opté pour le système de souscriptions ou pré-commandes. En effet, pour le moment, jen’ai pas le choix… par contre, avant de créer cette maison, je suis auteur, et j’ai pris mes petites jambes, ma langue bien pendue et j’ai fait ma propre promo! J’ai réussi à me faire un relativement bon carnet d’adresse, et mon engagement maintenant en tant que maison d’édition, c’est d’envoyer mes auteurs là où nous sommes déjà passées en dédicace (je précise bien « là ou nous sommes déjà passées » car qlq TRES mauvaises expériences avec certaines enseignes, que je ne recommanderai à personne).
    Je tiens également une liste de diffusion newsletter de tous les lecteurs qui s’y abonnent, soit sur le site, soit lors de séances de dédicaces, et j’envoie les promos et nouveautés aussi bien à mes clients distributeurs (que j’encourage fortement à inviter les auteurs à chaque fois) qu’à mes clients-abonnés particuliers.
    Certes, je ne suis pas hachette, ni flammarion ou qui sais-je encore, mais avec mes petits moyens, j’essaie de faire vivre mes auteurs en les faisant profiter de mes bons plans, dans la mesure du possible….
    J’espère ne pas être classée dans les abusifs ou pire encore…
    Artistiquement,
    Angel

    • Hello Angel, merci pour ta contribution. Mon article est un peu violent car malheureusement je pense que tu es une exception (ou une très bonne menteuse, ha ha je déconne). Tu n’as plus qu’à préciser l’adresse de ton site et ta pub sera complète 😉 a+

  5. Bonjour article très intéressant j’ai envoyé des manuscrits à Terriciae et les Deux encres qui figurent dans ta liste noire ce qui n’est pas de nature à me rassurer… As-tu fini par être édité? Bon courage

  6. Pingback: [COMMUNIQUÉ] Une procédure judiciaire intentée contre les membres du forum ImperialDream·

  7. Pingback: L’édition littéraire | Jean-Fabien, auteur sans succès·

  8. Bonsoir à vous écrivains méconnus et fauchés. Sachez qu’en marchandant un peu, les éditions Baudelaire (en ce qui me concerne) ont consenti à baisser de 40 % la somme demandée (2800€) après mon refus pour cause d’indigence. Il a fallu 2 jours pour ce revirement de situation. En fait, ils vont juste baisser les services à concurrence des 40 %.

  9. Bonjour, j’ai rencontré deux responsable d’éditions en deux en moins de trois mois que j’ai envoyé mon manuscrit. Mon manuscrit est un témoignage. Avec quel maison d’édition puis être amené à signer un contrat sans se faire « baiser »?
    Desolé pour le mot mais au moins cela prouve mon franc parler. Merci d’avance. Amicalement, Dom

  10. Connaissez vous l’édition maia, il me propose 600 euros pour s’occuper de mon livre en totalité et ce en 250 exemplaires et la distribution dilicom ? Merci urgent

    • A partir du moment où vous devez payer, je trouve que ce n’est pas acceptable (et ce n’est pas de l’édition). Car, comme ils ne payent rien, ils n’ont aucun intérêt à vendre votre livre, c’est vous qui devez le faire (et donc vous faites leur boulot). De plus, la distribution dilicom ne sert à rien sans diffusion.

  11. Bonjour,
    Pour info, les éditions Terriciaë ont coulé (forcément vu leur travail).
    Merci pour cette liste, en ce qui me concerne, hors de question que je débourse un centime à un éditeur pour être publiée.

  12. Bonsoir, une chose que je ne comprend pas; vous critiquez, à juste titre ou pas aucune importance, les maisons d’éditions qui demandent des euros pour publier un livre mais vous êtes publié vous-même chez Cécile Langlois… ? Une maison d’édition « payante »… Merci d’une toute petite explication 🙂

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