C’est les vacances !

 

Ben ouais.

C’est les vacances. Enfin… il paraît.

Il fait moche comme jamais. Ça fait trois mois qu’on a pas vu un rayon de soleil (je te raconte pas la carence en Vitamine D qu’on se trimballe), quand je me lève le matin, je me dis « hé merde, je me suis encore réveillé en pleine nuit » (non, non, c’est juste l’orage (ô désespoir) Jean-Fab’, tes cycles ne sont pas perturbés), mais il paraît qu’on est quand même en juillet (j’ai une pensée émue pour mes parents partis acheter de nouveaux cirés en Bretagne).

 

En quoi, est-ce une bonne nouvelle donc ?

 

Mais c’est bien simple : pendant deux mois, je ne penserai plus aux éditeurs (vu que ça travaille déjà pas des masses pendant l’année, t’imagines pas qu’en juillet-août, ils vont s’amuser à lire des manuscrits quand même ?).

Pendant deux mois, je vais être R E L A X. Les doigts de pied en éventail (même pas besoin de les remuer pour faire de l’air, vu la température), le cerveau en roue libre, pas de voyage à la poste avec dix manuscrits sous le bras en perspective (dommage, je l’aime bien ma postière).

 

Je vais même prendre le temps de relire mes anciens manuscrits tiens, au lieu d’arroser tout le monde façon sprinkler fou dès que j’ai un début d’idée de roman. Peut-être même que je vais y trouver des fautes d’orthographe (comme ça je me dirais : « ce n’est pas le livre qu’ils n’ont pas aimé, ils ont juste pas supporté les fautes »). Je vais pouvoir tout faire pour ne surtout pas me remettre en question, et regarder les jours passer, pour arriver en septembre et regretter de ne pas en avoir profité assez.

 

Je vois bien un programme du genre :

1)      Aller à la plage, en emportant pleins de bouquins pour pouvoir bien me torturer (« purée comme il écrit bien ce con, quelle déprime… »)

2)      Me remettre à draguer (pour avoir pleins d’histoires de cul débiles à raconter dans le tome 3 des aventures de Jean-Fabien, l’échiquier des mâles).

3)      Ressortir ma planche à voile pour pouvoir regarder la mer en attendant le vent (même s’il arrive toujours plus vite que prévu).

4)      Ré-accorder ma guitare (même objectif que le 2)).

5)      Me mettre sous un arbre et rien foutre d’autre que regarder les petits oiseaux, qui n’auront, eux, rien d’autre à foutre que piailler.

6)      Manger une crêpe sous une averse (je vais quand même aller dire « coucou » à mes parents).

7)     Faire du sport (courir après des femmes, ça fatigue, mais c’est bon pour la santé, dixit mon médecin qui est très philosophe).

 

Bref, je vais re-vivre.

 

Et puis, il faut voir le côté positif des choses. J’ai appris pleins de trucs cette année. Comment fonctionne un éditeur par exemple.

 

Alors là, je vous entends déjà me dire « fais profiter le monde de ta science ! », avec une pointe de mépris dans votre voix fluette et geignarde.

 

Gnagnagna. Quand j’écris un article sur « comment draguer ? », vous me répondez tous « c’est n’importe quoi, ça marche pas » (ce qui n’est pas faux si on prend en considération la longueur du Rallye Paris-Dakar sexuel que je suis en train de traverser, mais cela ne m’empêchera pas de continuer à théoriser pour les autres). Et là, vous voudriez que je balance mes tuyaux ?

 

 

Bon allez, de toute manière j’ai rien d’autre à foutre, mon boss vient de partir à l’autre bout du monde pour oublier qu’il m’a comme employé pas modèle, donc j’ai le temps. Ceci dit, ça m’aurait quand même fait plaisir que vous me suppliâtes (pas trop sûr du subjonctif là…).

 

Alors, les éditeurs.

Il y a des règles, c’est comme avec les femmes (tenir la porte, ne pas dire « bite », etc.). Par exemple, quand un éditeur te refuse un manuscrit, en te disant « c’est génial, mais il faut travailler ça », si tu réponds (par exemple) « pourrais-je vous envoyer de nouveau mon manuscrit une fois retravaillé ? », tu passes pour le pire des boulets, et ça mon pote c’est grave (pas autant qu’une veste, mais pas loin sur l’échelle de la honte interplanétaire). Un éditeur, c’est comme un arbitre de foot : il ne revient JAMAIS sur sa décision (même après avoir vu au ralenti qu’il y avait main). C’était déjà tellement douloureux pour lui de te dire « non » une fois, il va pas continuer à discuter alors qu’il s’est débarrassé de toi, tu comprends ?

T’imagines après qu’ils se refilent les tuyaux entre eux, du genre « oh putain, tu l’as reçu le manuscrit de Jean-Fabien, mon Dieu, quel boulet celui-là ! ».

 

Une autre règle : toujours envoyer votre manuscrit à quelqu’un. Même si vous le connaissez pas (qui connaît Mr Laclavetine ou je sais pas quoi (la preuve donc) de chez Gallimard ? Personne, cela vous fait un point commun avec quelqu’un ou avec personne, c’est selon). De toute manière, si vous mettez rien sur votre manuscrit, ça va atterrir chez un stagiaire quelconque, et lui va les voir les fautes d’orthographe (c’est pour ça qu’on l’a pris bordel, pas pour sa connaissance du milieu de l’édition ou ses qualités littéraires).

 

Tiens, encore une règle : faut pas croire tout ce qui est écrit dans la presse ou les interviews. Genre si tel éditeur dit « je lis tous les manuscrits et je fais des réponses personnalisées », franchement si vous le croyez, je peux plus rien pour vous mon pauvre bonhomme (ou ma pauv’ dame). C’est de la communication tout ça (à croire qu’ils adorent recevoir des manuscrits ces cons).

 

Un autre truc (je suis hyper motivé pour répandre ma science aujourd’hui, comme si j’avais une maladie infectieuse et que les microbes, c’était de l’information) : c’est bien de lécher des culs (même sales). Faites-vous potes avec tout le monde, ayez 4500 amis sur Facebook, sympathisez avec l’ennemi (les éditeurs). Allez dans les salons et souriez en serrant des mains. Il en restera toujours quelque chose, comme une vague impression d’être de la famille. Comme ça, dans votre prochaine lettre d’accompagnement à Gallimard, vous pourrez commencer par « comme convenu lors du salon du livre érotique de Bourg-en-Bresse 2011 ». Le début de la gloire. Traînez à Saint-Germain-des-Prés, franchement ça mange pas de pain, et y’a des belles gonzesses. Que demande le peuple ?

 

Donc, comme je disais, j’ai appris pleins de trucs, je pars avec des étoiles plein la tête, des rêves plein le cœur, et pas un sou en poche.

 

Loin de tout. Loin du stress de la réponse. Loin de l’attente du postier.

 

Je vais quand même peut-être me faire un ou deux salons tiens.

 

Histoire de pas perdre le rythme…

 

Avec tout ça, par contre, j’ai pas progressé en français, ça fait 10 bonnes minutes que je me demande s’il faut mettre « Ce sont les vacances » ou « C’est les vacances ». Faudra que je demande à mon éditeur s’ils ont pas un bon correcteur…

 

Merde. J’suis con.

 

J’ai pas d’éditeur.

 

 

 

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