Pourquoi votre chat détruit votre canapé (*)

Aujourd’hui, j’ai décidé, cher lecteur, de m’attaquer à l’un des plus grands mystères de l’humanité. Non, il ne s’agit pas de savoir comment Emmanuel Macron peut avoir encore 30% de sympathisants (même si je reconnais que c’est assez fascinant), mais bien de comprendre ce mystère insondable qui nous fait régulièrement nous rendre chez Ikea tout en grommelant doucement (qui aime aller chez Ikea, hein, qui ?) : quelle est la raison exacte qui pousse nos adorables bêtes à poils apparemment inoffensives à vouloir la mort de nos canapés ?

 

Si vous aussi vous avez un chat…

… vous voyez forcément de quoi je parle.

Depuis que j’ai l’âge de savoir ce qu’il y a sous les culottes des filles (réponse dans la parenthèse suivante), je constate cette haine tenace qu’entretiennent les chats (et les chattes) pour nos jolis sofas.

Il n’y a pas un jour où le mien n’essaye pas d’attraper une souris imaginaire qui aurait eu l’idée saugrenue d’aller se carapater à un endroit où seul un chat peut l’attraper (la conne) – et, allez savoir pourquoi, quand il essaye de l’attraper, il se met sur le dos et remonte tout le dessous du canapé comme s’il s’agissait d’un mur d’escalade. Ou bien, quand aucune souris imaginaire ne se trimbale dans ce coin de l’univers, il s’essaye à l’ascension par la face nord, puis par la face sud, par toutes les faces à vrai dire, tant qu’il peut user ses griffes sur un bout de tissu qui n’avait rien demandé tout en poussant des miaulements stupides.

On pourrait croire qu’il veut jouer (je ne peux nier que mon côté sympathique et drôle pousse au jeu) mais dans ce cas, pourquoi ne joue-t-il que lorsque vous êtes tranquillement en train de regarder Netflix, allongé telle une merde sur un trottoir parisien ? Hein, pourquoi ?! Pourquoi n’essaye-t-il pas dans ce cas de se défouler sur son arbre à chats (qu’il n’a jamais daigné honorer du moindre coup de patte) ? C’est drôle ça aussi, non ?

Non, la raison est plus profonde. Et pour connaître cette raison, il va nous falloir revenir aux origines du chat. Revenir aux origines pour tenter d’approcher la raison ultime qui le pousse à détruire nos canapés (et à nous casser les couilles par la même occasion).

 

Revenons aux origines (donc)

Le chat est un animal à poils mal attachés doté de 4 membres (que les scientifiques désignent par le terme de papatte) et un trou du cul odorant dont ils prennent grand soin. Ils ont aussi des moustaches et sont hantés par des choses pas claires qui les font disjoncter régulièrement. Lorsqu’ils sont petits, on les trouve surtout sur Youtube, et, après un certain âge, ils sont généralement en train de pioncer quelque part (de préférence à un endroit qui vous emmerde).

Le chat est malin : il aime faire croire à l’humain qu’il est domestiqué (le fourbe). Or, tout le monde sait que le chat ne vit pas chez toi, mais que c’est toi qui es toléré chez lui. D’ailleurs, un proverbe dit « Quand tu donnes à manger à un chien, tu es le roi du monde. Quand tu donnes à manger à un chat, c’est lui le roi du monde » (et le proverbe a raison).

Or, comme le chat est un animal territorial pour lequel la préservation de son lieu de vie est le moteur principal de ses interactions avec les autres individus, vous êtes clairement un intrus (même si vous êtes le seul à savoir ouvrir un sac de croquettes).

Pourquoi alors s’attaque-t-il à votre canapé et pas directement à vous ?

Sachez que ce qui vous sauve (outre la capacité à savoir ouvrir un sac de croquettes) est qu’un chat considère son maître comme un autre chat un peu plus gros et stupide selon John Bradshaw, biologiste à l’université de Bristol et expert des interactions entre l’homme et l’animal (source).

 

Premier conflit avec l’être humain

Le conflit originel vient donc du fait que le chat croit sincèrement que vous êtes chez lui et que, régulièrement, vous lui volez son caca (comment interpréter différemment le fait qu’il a beau chier dans sa caisse avec la régularité d’une montre suisse, elle est toujours à peu près propre ?) et ne lui donnez pas assez à manger. Cette légende de l’humain voleur de caca qui se raconte entre chats autour d’un bon feu et d’un air de Paco de Lucia se perpétue de génération en génération. Si vous observez bien votre chat lorsque vous changez sa caisse, c’est bien l’incompréhension la plus totale que vous lirez au fond de ses yeux (« c’était donc vrai ? »). Depuis cette révélation, entre vous et votre chat, c’est la guerre. Vous l’avez toujours su et il n’y a plus aucun doute désormais.

 

Mais alors comment protéger son canapé ?

Inutile de tenter l’approche de protection directe du canapé en mettant un plaid (voire deux) sur l’objet de la convoitise féline, cela ne ferait que l’agacer un peu plus. La seule conséquence serait qu’il niquerait votre plaid (voire vos deux plaids) en plus de votre canapé. Non. Il vous faudra vous attaquer à lui directement (rappelez-vous : c’est la guerre).

Certains propriétaires pratiquent l’onyxectomie. Elle consiste en l’ablation totale de la griffe et l’amputation de la troisième phalange sur laquelle celle-ci est insérée. Le plus souvent, elle n’est réalisée que sur les pattes antérieures. Mais bon, c’est quand même pas très sympa (et puis la dernière fois que j’ai essayé de simplement limer les griffes de mon chat, j’ai perdu un œil).

Une tactique moins violente pourrait être de l’enfermer dehors. En effet, cela fait tellement longtemps qu’il vit de vos largesses qu’il s’est probablement empâté (c’est bien simple, il ne tiendrait pas deux secondes dans la jungle). En général, le retour à la vie sauvage est assez radical pour le chat (il sera beaucoup plus obéissant après s’être fait sodomiser deux ou trois fois par le doberman du voisin). Mais cela risque de le perturber durablement et il va chier sur votre tapis (c’est qu’un doberman, ça élargit un peu le trou quand même) ce qui n’est pas beaucoup mieux que de déglinguer votre canap’.

Oublions donc cette idée.

Une technique pourrait être de mettre un carton à côté de votre canapé (selon la bonne vieille tactique de capture d’un Dieu égyptien reproduite ci-dessous).

Si ça ne marche pas, j’ai bien peur que seule la magie vaudou vous permette d’éloigner durablement votre chat.

Ou bien alors, mettez du poivre dessus (les chats détestent ça, surtout la marque Ducros).

Attendez, j’ai une autre idée : pissez dessus (sur le canapé, pas le chat). Votre chat comprendra alors qu’ici, c’est votre territoire.

Mais le plus simple reste quand même de balancer votre canapé (c’est ce que j’ai fait après avoir pissé dessus, parce que vraiment ça puait velu).

 

Ça fait maintenant 6 mois que je regarde Netflix allongé par terre.

C’est très bon pour le dos.

 

De rien.

 

——–

(*) : Si vous avez un canapé en cuir, inutile de lire cet article. En effet, il est probable que votre chat détruit votre canapé car il a un peu de goût, lui. Non mais franchement mec, un canapé en cuir…

 

9 réponses à “Pourquoi votre chat détruit votre canapé (*)

  1. 😀 Excellent
    J’essaye de me faire violence pour ne pas tenter d’apporter une vraie réponse à ton interrogation profonde, partagée par de nombreux autres « colocs d’un chat », car il se trouve que comprendre ces bestioles fourbes c’est un peu mon gagne pain 😉 …
    Pas de long commentaire relou donc (enfin … je te laisse juge ^^)
    Je me permettrais quand même de signaler que l’ablation des griffes est considéré comme de la maltraitance (à juste titre car elle peut provoquer les douleurs fantômes comme d’autres amputations) et est interdite en France !
    Par contre, il est possible d’épointer régulièrement les griffes d’un chat ou de lui poser des « protège griffes » (c’est un peu des faux ongles pour chat et ce n’est pas douloureux 😉 )
    Voilà voilà c’était le petit conseil gratuit 😀
    (bon ok j’ai pas pu m’empêcher d’être relou finalement)
    Et sinon j’ai opté pour le canapé fabriqué en bois de palettes ! ça fonctionne pas trop mal ^^

    • « Et sinon j’ai opté pour le canapé fabriqué en bois de palettes, ca fonctionne pas trop mal » => et c’est pas cher !
      Bien évidemment, je ne me risquerais pas à pratiquer l’ablation des griffes sur un chat (je tiens trop à ma vie), mais j’aime l’idée que dans un autre univers (un univers où je serais courageux et sans pitié), les chats souffrent à cause de moi. Je pense que je devrais faire une psychothérapie (ou même deux, tiens).

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