Pipeau et compagnie

pipeau

Alors déjà : bonne année bande de nazes.

C’est quand même important de commencer 2016 avec la plus élémentaire des politesses, non ?

 

Bon, j’imagine qu’en ce début d’année, vous êtes un peu comme tout le monde : mollement déprimé, avec la conviction chancelante que ça va pas s’arranger (sans trop être sûr de savoir de quel domaine de votre vie on parle), vaguement concerné par les problèmes de société, dégoûté de la politique, etc.

Bref, vous avez la patate.

 

Moi-même, je m’interroge un tantinet sur la direction que prend le monde, même si j’avoue que m’en tape un peu (de toute manière, de tous les côtés y’a des murs).

Mais quand même, un truc me turlupine : les hommes politiques. Depuis quand sont-ils devenus si cons ? Est-ce que ça a toujours été ainsi et que je m’en étais juste pas rendu compte (trop occupé que j’étais à boire des pintes, à me tripoter la nouille ou à draguer des filles ?) ?

Le coup de grâce m’a été donné par Manuel Carlos Valls quand il a déclaré l’autre jour « Expliquer, c’est déjà un peu excuser ».

Ah la vache, celle-là il fallait la sortir. Ecoute mon p’tit bonhomme, franchement t’as raison : continue à agir sans essayer de comprendre, ça te réussit tellement bien.

 

Bon OK, OK, on va arrêter de parler politique et se brouiller les ondes pour ça, hein ?

Parlons d’autre chose. Le mensonge par exemple (pas besoin d’expliquer la transition je pense). L’autre jour, je répondais à une question sur Femina (ici) où la meuf se demandait si on pouvait vivre avec quelqu’un qui ment tout le temps (ben je crois que Manu est marié, non ? OK, OK, j’arrête…).

Alors, comme toujours quand je dois répondre à une question comme celle-là, je fais quelques recherches (je suis un scientifique, c’est ainsi, même quand on me demande quel est le temps de cuisson de la tarte à la salade de fruits, faut que je me connecte à Wikipedia). Et je suis tombé sur une étude britannique – sont forts ces rosbifs – réalisée auprès de 2000 personnes où il était révélé qu’un homme mentait en moyenne 6 fois par jour, là où la femme se contente de 3 mensonges (l’étude ne précise pas s’ils avaient menti en répondant à l’étude). Bon évidemment, j’suis pas peu fier les gars. Imaginez donc comment on fout la pâté aux gonzesses. C’est pas tous les jours qu’on les extermine à plate couture.

Bref, concernant la teneur du travestissement de la réalité, la phrase numéro 1 sur le podium est commune chez l’homme et la femme et c’est – roulement de tambour : « Non, non, tout va bien ».

Ah la vache, j’aurais pas parié là-dessus. C’est pas beau ça ? Pour pas embêter son (ou sa) partenaire, on fait comme si de rien n’était. Tout va bien, le ciel est bleu, la mer est verte (et la pluie mouille – surtout à Lille). Si c’est pas de l’altruisme ça. Je viens de me faire renverser par un bus, j’ai la moitié des intestins sur la chaussée, un passant arrive, prévenant : « vous allez bien monsieur ? ». Et là, ni une ni deux, premier mensonge de la journée : « t’inquiète bonhomme, c’est que dalle, mon médecin va réparer ça en moins de deux, il était technicien chez Renault Team Formule 1 ».

Ensuite, ça diverge un peu chez l’homme et la femme. En effet, là où l’homme prétend que c’est « la dernière bière » ou encore que « non, non, tes fesses ne sont pas grosses là-dedans » (l’homme moderne est myope apparemment), la femme déclare que « non, ce n’est pas neuf, je l’ai depuis longtemps » (j’espère pas qu’elle parle de son mec) ou encore que « ce n’était pas cher » (les clichés ont la vie dure – presqu’autant que les cafards (vous saviez que quand vous coupez la tête à un cafard, il meurt plusieurs jours après… de faim ?)). Que des mensonges qui rassurent, qui permettent à notre partenaire de continuer à vivre dans le monde idyllique qu’on lui construit jour après jour. J’en ai presque la larme à l’œil.

Enfin, l’élément le plus important de l’étude à mon sens est que chaque participant prétendait savoir quand son partenaire lui mentait (et pourtant tout le monde a pas le nez de Pinocchio ou du rouge à lèvres autour de la b… pardon, sur le col de la chemise).

Voilà, on sait qu’il ou elle nous ment, mais ça reste notre partenaire, on va pas le ou la quitter pour un petit mensonge de rien du tout (surtout si c’est pour lui dire qu’elle a un super cul dans ce pantalon noir). Nous sommes donc tous consentants.

Ceci dit, l’inverse aurait été étonnant. Vu que nous savons très bien que nous n’arrêtons pas de mentir, il faudrait vraiment se prendre pour un putain de génie pour imaginer que l’autre ne fait pas pareil :

« Ouais génial, j’ai trouvé un super truc pour dominer le monde, ça s’appelle le mensonge, j’espère que personne connaît cette arme de tromperie massive.

– Merci Georges W., mais ton père a déjà utilisé ce stratagème.

– Arggghhhhh…

– Tu peux encore envahir la macédoine si tu veux.

– Oh non, j’aime pas les légumes. »

 

Tout ça pour dire qu’on a besoin qu’on nous mente. C’est vital à notre bien-être. Vous avez déjà vu comment votre petite amie est fière de rentrer dans du 36 de chez Maje alors que – à vue de de nez :

  1. Elle a utilisé 3 chausse-pieds pour ce faire
  2. Le mec qui a pondu l’étiquette a manifestement inversé les chiffres

 

Personne ne s’intéresse à la vérité (d’ailleurs, existe-t-elle seulement ?), c’est ainsi. Mentir est même un art qui est valorisé (non, non, j’ai dit que j’arrêtais de parler politique). Quand notre médecin nous annonce qu’on va miraculeusement guérir de cette maladie génétique rare qui a déjà rongé la moitié de notre bite, on renaît (et puis on meurt le lendemain, mais on s’en fout car on le fait avec le sourire).

Cependant, le plus beau des mensonges est quand même celui qui nous permet de sortir avec cette jolie blonde (à la question « Vous faites quoi dans la vie ? », que celui qui n’a jamais répondu « Je suis acteur porno » me jette la première capote trop grande). Vous allez pas me faire croire qu’elle a gobé tout ce que vous lui avez sorti (non, je parle pas de gober ça). Elle a juste feint de croire à vos mots doux et à la taille de votre sexe. Et si maintenant elle est à quatre pattes, c’est certainement pas parce qu’elle croit vraiment que vous aimez les enfants.

Le mensonge fait simplement partie de la parade de la vie et la sincérité est une vertu globalement surévaluée (mon neveu vous expliquerait ça mieux que moi).

 

Alors, chers ami(e)s, voici notre résolution à tous pour 2016 : que cette année soit celle du pipeau. Mentez à tout le monde et surtout à vous-même (ou alors, préparez-vous à prendre des médocs).

 

Entraînez-vous bien parce que je sens que du pipeau, il va y en avoir aussi en 2017 !

 

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