Comment je suis resté inconnu (extrait)

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Aujourd’hui, je vous propose un extrait de mon dernier roman « Comment je suis resté inconnu » (tout un programme).

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Bon, j’ai un problème, un gros. Le genre qu’on peut pas cacher sous le tapis, à moins d’avoir envie de le transformer en table basse.

 

Voilà, ça tient en une phrase « Jean-Fabien, auteur sans succès ».

Vous voyez le topo ?

 

Comment ça, « non » ?

Si j’en crois vos multiples mails, vos innombrables réponses aux articles, vos sollicitations incessantes sur Facebook, vos roses envoyées au bureau, les menaces de mort de vos maris, ben du succès j’en ai (et pas qu’à moitié, je suis un peu le BHL du blog, les poils qui dépassent en moins) !

 

Ajoutez à ça que j’ai un livre édité au compteur (bon OK, personne ne sait qu’il est de moi), vous l’avez compris, je suis pris au piège.

Il est temps de se rendre à l’évidence : mon succès est bel et bien fondé sur mon insuccès (vous suivez ?).

 

Alors à vous aussi de prendre vos responsabilités, non ?

Je fais quoi ? Je vous la joue Foisnard face à Jane dans « Comment réussir quand on est con et pleurnichard » (je vous jure, ça marche) ?

 

Ou bien, cher public adoré, je continue mon petit bonhomme de chemin, publie cinq best-sellers internationaux par an et donne des interviews sur CBS news pour expliquer aux jeunes que le génie sans le talent c’est comme un jean sans poches (impossible de baiser donc, je le mets où, le préservatif ?).

 

Car enfin, vous, mes fidèles lectrices, avouez que vous vous complaisez dans mon échec. Admettez que le jour où, réellement, je surperformerai à la Fnac, que je serai dans le top 5 des romans d’amour, ce jour-là, le fil sera rompu. Vous ne vous reconnaîtrez plus dans ma plume, vous ne rirez plus à ma prose… Bref, je serai à vos yeux l’archétype du pistonné, celui qui couche pour réussir (alors que moi je souhaitais juste réussir à coucher… mais les planètes ont quitté leur orbite).

 

Vous voyez, je vous énerve déjà. Je le sens dans votre façon de lire ces quelques lignes. Je vous entends penser « Pfuuu ! Il a perdu l’inspiration, son style est pompeux et emmerdant. Son blog c’est du nombrilisme à deux balles. De l’onanisme de Khâgneux frustré. »

 

Mais enfin… on va pas se brouiller les ondes pour ça… Et puis, à cause de quoi d’abord ? D’un bouquin édité (certes, il n’est toujours pas de moi) ?

Vous vouliez quoi ? Que je sois zen dans la vie comme dans l’insuccès littéraire, que je sois jusqu’au bouddhiste, genre « Je m’édite tout seul, personne ne me comprend vraiment, et surtout pas un éditeur » ?

 

Non mais attendez, restez là (surtout toi, fidèle lectrice, 32 ans, formation supérieure, un enfant à charge et qui constitue toujours le cœur de mon lectorat d’après mon module statistique).

 

Allez, scellons un pacte.

 

Je vous promets de continuer à être un loser même pas magnifique, de partir m’enterrer au fin fond du Larzac avec des chèvres sans lait, afin de retrouver toute ma place dans l’insuccès.

 

Envoyez-moi un petit clin d’œil si vous êtes d’accord (je vous vois, je viens d’acheter une super webcam pour voir si vous avez vraiment 32 ans).

 

Me voilà rassuré.

 

On reste in touch’ ?

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2 réponses à “Comment je suis resté inconnu (extrait)

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