Comme une envie de se reposer

monde

Oui, c’est sûr qu’après un article comme celui d’il y a quelques semaines, ça allait être difficile de changer de cap. C’est peut-être ça que vous vous êtes dit.

Ou alors, c’est l’inspiration qui est en panne.

Ou alors, je suis une grosse feignasse.

 

Qui sait ?

 

Toujours est-il qu’aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous la joie simple de ne rien faire. De respirer l’air un poil vicié de la ville, de courir dans les champs dopés aux produits Monsanto, de lever les yeux vers le ciel et ne rien voir d’autre qu’un nuage gris et uniforme, croisement improbable entre un cumulo-nimbus (*) et un peu de pollution urbaine, de refuser de donner une pièce à un SDF qui a sans doute mérité son sort (c’est ce que nous dit plus ou moins clairement notre ineffable ministre des économies à faire), de faire la gueule comme le parfait connard que nous sommes tous en train de tous devenir, vissés que nous sommes à nos téléphones portables et à nos certitudes qu’il n’existe aucune alternative au monde merdeux qui nous recouvre, jour après jour, de sa fange capitaliste immonde.

 

 

Une alternative, où ça ?

Je crois que c’est Coluche qui disait un truc du genre « Si le vote pouvait changer quelque chose, cela ferait longtemps qu’il serait interdit ».

Je pense que le problème se situe quelque part entre la résignation et la vérité toutes deux contenues dans cette maxime célèbre.

Les gens n’ont-ils pas finalement jetés l’éponge et ne sont-ils pas devenus les fossoyeurs de leurs illusions perdues ?

Ah qui sait ? Je sais que je hais les phrases qui commencent par « les gens ».

 

Bon. Ceci dit, il est quand même vrai que le jour où un homme a tracé un trait autour de la cabane dans laquelle il dormait en disant « c’est à moi », il a peut-être posé les fondations d’un ordre nouveau et avilissant. Il a surtout permis à tous ceux qui ne se sont pas opposés à lui de poser les murs et le toit de leur propre aliénation.

Car le monde ne se meurt pas des guerres, de la famine ou de ses déchets (enfin, pas que). Il se meurt de notre petit confort dont nous refusons de nous priver. Il se meurt de notre incapacité à nous réinventer en tant que société. La loi sur le renseignement, le vote extrême, notre attitude vis-à-vis des migrants montrent à quel point nous ne réfléchissons plus à comment vivre en harmonie avec l’autre, mais comment nous réfléchissons à augmenter la taille des barrières qui nous séparent.

Or, il existe des alternatives. Il en existe plein.

 

 

La deuxième étape

Il y a quelques jours, je vous incitais donc à ne plus rien branler. Premier acte d’opposition active à un monde qui nous demande de produire, produire, produire, pour qu’une poignée de privilégiés puissent continuer à nous exploiter – le pire étant, sans doute, qu’on en redemande.

Il n’est point question, ici, de mordre la main qui nous nourrit, mais de questionner l’ordre qui nous est donné (« assis ! ») pour son bon plaisir.

De plus en plus d’initiatives locales et collaboratives permettent à des villages entiers d’être autonomes en énergie, en nourriture, et de s’extraite notamment de la dépendance à l’atome – si dangereux car il nous donne une impression de toute puissance et nous fait croire que l’énergie est infinie et propre.

 

Notre première responsabilité est d’accepter que nous ne pouvons faire supporter à la planète nos modes de vie occidentaux. L’équation ne possède, en effet, aucune solution : soit nous laissons les peuples déshérités dans la misère et luttons inefficacement contre leur tentative de rejoindre la terre promise (comment les en blâmer ?) et déclenchons des guerres absurdes et désastreuses pour assurer notre approvisionnement en combustible, soit nous faisons en sorte que notre mode de vie soit équitablement réparti et nous avons alors besoin de cinq planètes pour nous nourrir et nous fournir de l’air conditionné en été.

 

Aucune de ces solutions n’est envisageable malheureusement. Soit on l’accepte vite et cela sera douloureux, soit on ne l’accepte pas et ce sera très douloureux.

 

Alors, maintenant que vous avez appris à glander. Le deuxième acte est d’apprendre à arrêter de consommer, à réduire sa dépendance à l’énergie, à ouvrir les fenêtres en été et à mettre un pull en hiver.

Il devient, en effet, nécessaire de remettre l’écologie politique au sein du débat (de force) auprès de nos élus – même s’ils sont pathétiques, au bout d’un moment, ils comprendront que pour se faire réélire, il leur faut répondre à ces attentes. Nécessaire d’arrêter la course à la croissance – qui est, de toute manière, morte et enterrée pour notre génération et celles qui viennent, quoi qu’en disent les Alain Minc et consorts –, d’arrêter la course au toujours plus, de dire « non » à l’obsolescence programmée des outils et des cerveaux.

 

Il devient nécessaire d’accueillir tous les peuples misérables du monde et qui fuient le bordel que nous avons souvent contribué à créer.

Ainsi, rééquilibrer le monde deviendra notre nécessité et non plus un délire de bobo parisien.

 

C’est qu’on a plus vraiment le choix. Tout est maintenant histoire de timing.

 

Remarque, je dis ça, mais on sera sans doute tous morts avant que la planète se réchauffe trop, tués par notre propre création : l’intelligence artificielle.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais des chercheurs anglais qui ont estimé que la cause la plus probable de disparition de l’humanité était l’intelligence artificielle. En développant son instinct de survie et en prenant conscience d’elle-même, sa première décision sera probablement de nous anéantir.

N’en déplaise à Asimov et ses lois robotiques.

 

Bienvenue dans Terminator 5.

 

—————-

(*) bizarre comme cumul et nain dans la même phrase fait de suite penser à Sarkozy.

 

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