Con mucho gusto (partie 2)

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Suite de Partie 1

 

Chères amies,

Je vous avais laissées au bord d’une route caillouteuse, les narines pleines de poussières et le maillot de bain rempli de sable (c’est que ça chahute dans les vagues du Pacifique, mais viens pas te plaindre, t’as gagné un bonnet).

 

Regardons un peu plus en détail de quoi est fait ce petit paradis naturel (je parle du Costa Rica, pas de tes nichons).

 

 

Bungalow profile

Nous avions décomposé notre séjour en deux parties équitables d’une semaine (en chimie, on dit stœchiométrique et, à part que c’est un mot qui déchire sa race au scrabble, j’ai jamais bien piné ce que ça voulait dire) : une première semaine en « hôtel » (je mets entre guillemets muchachettes, vous allez comprendre pourquoi) et une deuxième en « maison » (même topo muchacho).

Dans sa grande perspicacité (qui rime bizarrement avec cécité), ma sœur avait prévu une première semaine cool histoire de se remettre tranquillement des 7 heures de décalage horaire. Mes parents avaient d’ailleurs bon espoir que ce décalage horaire allait annuler mon propre décalage horreur – qui date pas d’hier –, mais ça se saurait si un et un faisaient quatre (surtout depuis qu’un vaut mieux que deux tu l’auras), donc ils ont dû se faire une raison.

J’ai judicieusement entouré le mot hôtel de guillemets, parce que c’est joli et aussi parce qu’en fait il s’agissait plutôt d’un complexe (mais pas d’infériorité, vu la taille du bousin) fait de bungalows où chacun pouvait être tranquille. Enfin, presque tranquille, on avait quand même des gosses sur les bras (ou sur le dos suivant l’heure de la journée). Et un gosse en vacances, ça pompe presque autant qu’une hôtesse à une soirée au… ouais, non rien.

 

On a donc passé la première semaine à l’ombre d’une margharita et les pieds dans l’eau chlorée en nous agitant de temps en temps comme suit :

  • Visite au parc Manuel Antonio (on y a vu des petits singes comme je le disais dans la partie 1 et de superbes plages – avec du sable, de l’eau et tout ce qu’il faut là où il faut)
  • Balade en Jetski dans la mangrove (on y a vu des crocodiles aux yeux pas jaunes – prends ça dans ta face Pancol)
  • Déambulation au parc rainforest (on y a marché sur des ponts suspendus – comme si on était pas assez perchés comme ça)

 

Il est vrai que cet endroit (appelé Clandestino) était tout à fait paradisiaque, et malgré l’accueil un peu sec de la tenancière – dont le seul objectif était manifestement de nous faire repartir à poils –, son français aux accents étranges (entre le tortionnaire bulgare et la vache espagnole) et le côté légèrement isolé du complexe (le premier restau étant à 4 kms par la plage, faut pas se gourer de sens), on y a passé 7 jours plutôt dépaysant.

Bonus amusant concernant le parc Rainforest, on y a dégoté un petit restaurant à l’extérieur où l’on péchait dans un petit lac attenant le poisson que l’on nous cuisinait sur place (si l’on n’avait pas trop peur des perruches, toucans et autres trucs à plumes qui volaient joyeusement dans le restaurant). On a d’ailleurs croisé quelques squelettes de clients moins chanceux que nous – ou moins habiles au ferrage. Le Costa Rica, ça se mérite.

 

 

 

Le Crocodile volant

Malgré les protestations des enfants qui pensaient que le Clandestino était le paradis sur terre (les pauvres n’ont jamais eu la chance de voir un match au Parc des Princes), nous prîmes, en milieu de séjour, un vol intérieur (cf. partie 1) pour changer d’endroit (Quepos => Nosara).

Destination : Picasso House au Flying Crocodile.

Nous passions donc du modèle indépendant (chacun son bungalow) au mode « vie en communauté », avec ses désavantages et ses inconvénients.

Alors, le Picasso House…

Je ne saurais même pas comment décrire cette demeure. Assez vite, nous avons convenus qu’elle était « DSK approved », catégorie Lupanar géant (immenses canapés, chambres dans tous les coins, y’avait même un sofa dans la douche… ? Genre « ah je suis propre maintenant, je ferais bien une petite sieste »). Bref, nous n’avons sans doute pas exploré l’ensemble des possibilités de cette magnifique baraque (on l’a testée sans la frite quoi).

Outre la joie de faire la cuisine et supporter sa famille toute la dernière semaine, nous avons tout de même été nous balader aux alentours (les plages du Pacifique sont vraiment à tomber dans l’eau) et même voir des dauphins, faire du snorkeling, etc.

 

 

 

Que retiendra-t-on ?

Avec un peu de recul et du haut de cette tour de la Défense où je suis censé produire quelque chose (quoi ? mystère et boule de gomme) et où je tente de pondre cet article interminable (enfin, surtout minable), mes pensées sont assez brouillées, mais émergent quelques images tenaces : ces chemins de terre où la voiture doit traverser un cours d’eau pour continuer à avancer, ces coupures d’électricité régulières qui nous font comprendre à quel point le brassage de l’air n’est pas un art inutile (faudra que j’en parle à mon patron, même si là, il s’agissait de ventilation, vous l’aurez compris), les cocktails, la bouffe (mélange de bouffe mexicaines et plats à base de riz, de poisson, de haricots rouges), les iguanes, les vautours, les crabes dans la piscine, etc., etc.

 

Bizarrement, je me souviens de dernier jour aussi. Ce jour où nous nous sommes frottés à la capitale et ses maisons sur-barricadées (fils barbelés et électriques compris) dans l’état semi-comateux du presque-plus-là.

Ce moment où tu penses de manière nostalgique au thon en boîte et à ton chat, ce moment où la frozen margharita te lasse, où les dauphins ne te tirent rien d’autre qu’un vague bâillement nostalgique, où tu as en marre de faire la sieste. Ce moment où tu comprends que l’effet cathartique de tes vacances est atteint (la glande, c’est un choc), ce moment où tu comprends qu’il est temps de revenir. De reprendre possession de ta vie, celle que tu as laissée en plan en prenant les jambes à ton cou (rappelle-toi, même que le lendemain t’avais des courbatures au niveau des amygdales).

 

Alors, ta peau brûlée par deux semaines de soleil agressif, tes cheveux éclaircis par le sel (sans le poivre, merci) et le chlore, ta barbe dense, tout te rappelle que n’importe qui ne peut pas devenir surfeur sans un minimum de sacrifice corporel.

 

A ce moment-là, tu prends l’avion (enfin plutôt les avions, car le direct San José => Paris, c’est pas pour tout de suite) et tu regardes par le hublot (je pourrais regarder par le siège mais on voit moins bien).

Content de rentrer, un peu triste de partir aussi. Le Costa Rica se mérite. Le retour aussi.

 

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