Pourquoi tu pleures ?

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Parfois certaines choses vous saisissent en pleine rue, vous qui ne faisiez que déambuler mollement, respirant un peu d’air urbain vicié mais si familier. Vous n’étiez en quête de rien d’autre qu’un peu d’exotisme extérieur, au périmètre parfaitement balisé : des rues arpentées mille fois, des boutiques vomissant des grappes bigarrées de clients accrocs au shopping de fin de semaine.

 

Et puis soudain, elle est là : devant vous, une religieuse tapote furieusement sur son téléphone portable en remuant la tête de gauche à droite, imperméable à son environnement immédiat. Elle pleure. Elle est seule au monde, accrochée à son cellulaire récalcitrant. Elle est en périphérie immédiate de la chaussée, si bien qu’une voiture prenant un peu trop la corde la renverserait sans doute. Cependant vous êtes seul à la voir, elle est transparente au monde et ses larmes ne sont que des gouttes dans la pluie.

 

Alors vous vous interrogez : pourquoi cette scène particulière, ici et maintenant, a su capter votre attention, envahir votre champ visuel au point de vous fasciner ? Comment ce stimulus particulier a réussi à traverser vos différentes couches de protection que la vie quotidienne construit jour après jour, patiemment et sans d’autre but que vous permettre de marcher dans la rue sans donner une pièce d’un euro à chaque mendiant croisé.

 

Vous racontez cette anecdote à votre partenaire de déambulation et elle vous conte l’histoire fascinante d’une fille hyperémotive. Je veux dire : encore plus émotive – largement plus même – que la moyenne des filles (globalement déjà plus réceptive que moi aux émotions).

 

Oui, cela existe.

 

 

L’hyperémotivité

Il se trouve qu’il existe des personnes – des femmes souvent, porteuses de glandes lacrymales plus fonctionnelles que celles des hommes ou au taux de prolactine plus élevé diraient les scientifiques – qui développent des symptômes assez extrêmes face à des situations légèrement stressantes ou à potentiel émotionnel avéré.

Ainsi, la fille dont je parle ci-dessus peut se mettre à fondre en larmes lors d’un entretien d’embauche lorsque la personne qui souhaite la recruter lui demande de parler d’elle. On imagine que c’est un poil handicapant (en plus d’être coûteux en kleenex).

Car, si pleurer devant une bouse intergalactique au cinéma est accepté – car masqué par le bruit de mastication de popcorns –, on comprend moins des manifestations d’émotion dans notre quotidien où le paraître est souvent plus important que l’être et où la compétence est reléguée au rang de cerise sur le gâteau.

Il devient donc important de repérer ces symptômes afin de venir en aide à la personne – en l’euthanasiant, par exemple, ou en lui indiquant l’hôpital psychiatrique le plus proche si on est non-violent.

 

 

Comment repérer les hyperémotifs ?

 

Petit test afin de repérer les signes d’hyperémotivité chez vos proches (ou même moins proches).

 

  • Art en général

. Pleurer devant des œuvres d’art : Hyperémotive

(sauf si la fille pleure en écoutant Céline Dion, là c’est juste un symptôme de surdité précoce)

Il existe d’ailleurs un syndrome dit « de Stendhal » qui peut aller jusqu’aux hallucinations lorsque la personne atteinte est soumise à une surcharge d’œuvre d’art (Wikipedia est fascinant, je pourrais passer ma vie à surfer sur ces vagues de connaissance improbables).

 

  • Cinéma en particulier

. Pleurer (même de rire) devant « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu » : Pas hyperémotive (mais probablement totalement conne)

 

  • Cuisine :

. Pleurer en cuisinant une soupe à l’oignon : pas hyperémotive

. Pleurer en mangeant une pizza 4 fromages : hyperémotive (ou intolérante au lait de vache)

 

  • Vie courante :

. Pleurer en se cognant le petit doigt de pied contre la table basse : pas hyperémotive

. Pleurer en regardant son partenaire se gratter les couilles : hyperémotive (sauf si le monsieur est atteint d’élephantiasis)

 

  • Amour :

. Pleurer au moment de l’orgasme : ça dépend du partenaire, mais cela peut être un signe d’hyperémotivité, essayez avec le voisin de palier, si les symptômes persistent, consultez un médecin.

 

Voilà, maintenant, vous savez repérer l’hyperémotivité.

 

 

Comment soigner l’hyperémotivité

Je ne suis pas sûr que ça se soigne vraiment (ajouté au fait que je ne suis pas psy), mais j’imagine qu’on peut progresser petit à petit (afin, par exemple, de réussir à faire une pipe sans pleurer au moment où monsieur jouit).

Commencez, par exemple, par essayer de ne pas pleurer en vous arrachant les poils du nez (technique dite de la musculation des glandes lacrymales).

Continuez en visionnant « E.T. » tous les soirs, à la fin vous baillerez plus que vous ne pleurerez (même si je reconnais que bailler peut faire pleurer).

Puis enfin, adopter un petit chiot pour votre enfant et aller l’abandonner sur une aire d’autoroute en expliquant à votre progéniture que c’est pour son bien. S’il n’est pas content et que vous sentez les larmes pointer le bout de leur H20, envoyez-le faire le djihad. Ça lui fera les pieds et si après ça, vous n’êtes pas plus insensible, c’est à n’y rien comprendre.

 

Et ne me remerciez pas, c’est naturel. C’est un peu pour moi que je le fais aussi : y’a quand même rien de plus insupportable qu’une gonzesse qui chiale.

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2 réponses à “Pourquoi tu pleures ?

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