Le vol du pigeon

Pigeon-comment-chier

Un jour, flânant dans les rues de Dijon sans doute à la recherche d’un pot de moutarde à l’exotique parfum, je fus interrompu dans mon entreprise cinétique par un columbidé qui fit un son mat en s’éclatant la tronche contre le bitume. Dans son combat contre le sol, ce dernier fut déclaré vainqueur par ko plus que technique.

La chute avait été verticale et brutale (Newton vous l’expliquerait mieux que moi).

Difficile de dire ce qui lui était arrivé – croisement avec le vol MH370, panne du système électrique, détournement par des pirates de l’air – en tout cas, c’était un vrai désastre, les plumes se mélangeant au sang et les pattes étant désormais dans le désordre. Les gens étaient extatiques dans la rue et personne n’osa toucher ce qui il y a encore quelques instants était un oiseau volant (toujours plus haut).

J’avoue m’être posé cette question un peu ridicule : s’était-il suicidé (oui, je sais, on n’est pas toujours d’une finesse d’esprit digne d’un major de Polytechnique) ?

Il faut avouer que pour un oiseau, c’est chose aisée. Si on s’arrête de marcher, nous les bipèdes, à part si on est traversé par l’idée saugrenue de le faire au milieu d’une 4 voies, il y a assez peu de chance que les conséquences de cet arrêt soit néfaste. A l’inverse, s’il prend l’idée à un pigeon de cesser de battre des ailes, il est par contre assez probable qu’il va avoir du mal à atterrir sur le cul d’une poule.

 

Bon pour celui-là, il était un peu tard pour le bouche-à-bec (je me demande si les vétérinaires sont formés à ça), le nettoyeur de rue allait devoir faire son sinistre office.
Ah, c’est sûr qu’il est des métiers plus socialement bandant que d’autres. Je parle pas du mec qui perce les macaronis chez Barilla ou le proctologue pour éléphant du zoo de Vincennes, non. Si on revient au pigeon – pas celui qu’est mort, paix à ses plumes, mais en général –, j’ai entendu l’autre jour qu’il y avait des gens qui testaient les réacteurs d’avion en leur balançant des oiseaux dans la gueule pour voir s’ils font toujours les malins après.

On m’a précisé que les oiseaux étaient déjà morts. Mouais. En tout cas, après le passage dans le bousin, y’a assez peu de doute. C’est comme quand j’étais petit et qu’on voulait me faire goûter une huître, on m’a très longtemps fait croire qu’elle était morte. C’est sûr que si j’avais entendu l’huître crier au moment de la mâcher, ça m’aurait sans doute poursuivi longtemps.

Finalement, tout ça est une question anthropomorphique, on en a rien à branler de l’huître parce qu’elle a pas une gueule de bébé phoque qui nous rappelle dans ses vagissements les simagrées de la petite dernière. Si l’huître pleurait, on en mangerait moins, c’est sûr.
En tout cas, pour en revenir à la trajectoire du pigeon à travers le réacteur, je me demande tout de même où ils récupèrent ces oiseaux morts. Vont-ils sur le bon coin ? Elèvent-ils des chats spécialistes de la traque d’oiseau à réacteurs ? Ou alors attendent-ils, peinard, qu’un oiseau passe à proximité du réacteur et que l’aspiration fasse le reste ?

 

Une fois cet épineux problème de la mort de l’oiseau résolu, se pose tout de même la question de l’équité d’une telle démarche. Si on a quelques doutes sur le fait qu’un réacteur puisse survivre à un banc d’oiseau, on a assez peu de doutes sur la survie du pigeon quand il passe à travers un réacteur (ce qui fait donc un second moyen de suicider tranquillou si on compte bien, même si celui-là risque d’avoir quelques dommages collatéraux un peu plus graves qu’un parisien qui se jette sous la ligne 13 en criant « ah mon Dieu, Ribéry n’allera pas à la coupe du monnnnnnnde »). Je me dis dans ce cas qu’il devrait y avoir quelque part (chez la SPA par exemple), des gens qui testent le lancer de pigeon vivant à travers le réacteur afin de faire modifier le cahier des charges des ingénieurs de chez Boeing pour donner plus de chances au pigeon. Qu’un avion ne s’écrase pas après une rencontre fortuite avec un pigeon, c’est bien (surtout pour les passagers), que le pigeon survive aussi, c’est mieux (sinon, qui nous chiera dessus lors de notre prochain jogging au champ de Mars ?). Bon évidemment, ça demande de tuer quelques pigeons. Mais c’est pour la bonne cause. On a qu’à prendre ceux qui ont attrapé un cancer parce qu’ils ont servi pour tester des produits cosmétiques (après les avoir démaquillés, faudrait pas qu’ils aillent au paradis des oiseaux comme ça, les pauvres).
Imaginez le meilleur des deux mondes enfin réunis : des oiseaux heureux qui s’amuseraient sans risque dans les réacteurs.

 

Enfin bref, tout ça pour dire qu’il y a quand même des métiers plus sympas que d’autres.

 

Bloggeur, c’est pas mal non plus. Mais c’est à peu près sûr que si on me balance dans un réacteur, ça va faire plus que me décoiffer.

 

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8 réponses à “Le vol du pigeon

  1. Dingue, Ribéry n’ira pas à la copa del mundo ??? Oh, j’espère que larouetourne va tourner pour lui… oh et puis, je m’en fiche, je pas être de France, mais de Belgique !

    Pôvre pigeon qui s’est suicidé… j’ai peut-être la solution : si le pigeon lisait bien, comme sur la photo, le livre « comment chier sur les passants », c’est normal qu’il s’est cassé la gueule, heu, le bec ! On ne lit pas en volant, c’est bien connu.

    Pour les oiseaux morts dans les réacteurs : c’est tout con mais faut que je t’explique tout… ils attrapent des oiseaux vivants, ils les tuent et les font passer ensuite dans le réacteur ! Ainsi, ils sont cleans, les oiseaux étant déjà mourru !

  2. Il s’en passe des choses à Dijon. Moi qui pensait q’il n’y avait que des graines de moutarde à machouiller !
    Bon c’etait juste pour te faire un coucou car les pigeons … ça me fait fuir (même à Venise …).

  3. Ben moi, je pense que les pigeons, surtout à Paname, assouvissent leur fantasme pleinement. Que ce soit sur les trottoirs déjà constellés de merde canine ou sur la carrosserie des voitures, des chefs- d’oeuvre de l’art pictural moderne sont en exposition permanente pour tous ceux qui apprécient de loin ou de près la matière et l’analyse qu’on peut en faire.
    Les pigeons peuvent bien s’esclaffer, je dirais que leur revient le premier prix de pollution ex-aequo avec les chiens. Ils rient à gorge déployée devant le piéton qui ruine sa chaussure en nubuk en glissant sur une crotte surmontée de sa crème fouettée, recette appréciée dans les grands moment.
    C’est avec un liseré merdique et glaireux que la traîne de la robe de mariée prend toute sa dimension scatologique et si en plus le joli pied gauche de la mariée s’y enlise, c’est le bonheur assuré pour la décennie à venir;
    Voici assurément que se profile un nouveau marché : la botte hygiénique, surmontée de petits balais frénétiques tandis qu’un nuage d’eau cascadeuse peaufine le nettoyage.
    De nouveaux métiers verraient ainsi le jour.
    Qui disait : « Il n’y a pas de sot métier ! »

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