Si j’avais des ailes

ailes

Si j’avais des ailes

Elles seraient d’hirondelle,

Peut-être annonceraient-elles ce quai

D’où tu t’es échappée…

 

Si j’avais des ailes, j’aurais l’air malin. Comment les cacherais-je ?

Mettrais-je une cape ? Les découperais-je à la scie sauteuse Bosch ?

 

C’est pas commode des ailes, ça se glisse partout, ça te prend par surprise. Tu leur tournes le dos et hop elles s’y collent, transforment ton prénom en Jean-Flavien, te font décoller à la moindre brise du large. Impossible de garder les pieds sur terre, pour peu que l’on puisse encore appeler ça des pieds.

 

Si j’avais des ailes, j’aimerais qu’elles soient en chocolat. Tous les ans à Pâques, je perdrais quelques plumes, et à l’instar du mouton dont la laine repousse plus fort quand on le tond, je serais un peu plus cloche tous les ans. Je distribuerais mon bonheur sucré tout autour du monde et les enfants m’acclameraient pour mieux me dévorer.

 

Si j’avais des ailes, je prendrais un peu de hauteur. Je saurais regarder ce monde avec distance, et parfois je volerais sur le dos et je rêverais de voler plus haut. Je planerais dans le bleu de tes cieux et je m’y perdrais un peu.

 

Si je pouvais voir au-dessus des murs, j’inventerais un monde sans barrière, j’offrirais la fin de la gravité au monde entier (pan dans ta gueule Isaac) et la légèreté deviendrait notre vitalité. Mêmes les seins s’en trouveraient rehaussés.

Si j’avais des ailes, je ne cesserais de planer, sans qu’aucune substance illicite ne soit ingurgitée. Je me baignerais dans des nuages d’orage et me connecterais à la grâce d’un éclair égaré.

Si j’avais des ailes, je ferais la course avec le vent, fier de perdre une course sans élan.

 

Et si je volais vers toi, m’attendrais-tu ?

M’offrirais-tu quelques heures de repos avant une nouvelle traversée ?

Serais-je encore cette brise essoufflée, ce passeur sans passagers ?

 

Si tout le monde avait des ailes, il n’y aurait plus de distance.

Les gens se verraient tels qu’ils sont et peut-être même ne se croiraient-ils plus différents. Ils sauraient qu’ils ne sont qu’une infime partie d’un grand tout. Si le monde était renversé et la perspective explosée, que resterait-il de nos comptes en banque et de nos objets patiemment entassés ?

Voudrait-on resté au sol ou s’en débarasser afin de s’envoler ?

 

Si j’avais des ailes, j’y installerais des lasers et j’irais voir Maître Yoda dans le système Dagoba. Il m’apprendrait à devenir un Jedi des airs et je deviendrais sage comme après une traversée du désert, les cloques aux pieds en moins. Je ne serais pas sage pour avoir des cadeaux à Noël, mais pour transformer les problèmes en équation à résoudre et les tensions en nuages de lait. Je les touillerais de mes ailes de cacao et transformerais les guerres civiles en chocolat viennois.

 

Si j’avais des ailes…

 

Je n’aurais plus à laisser les volets fermés

pour ne pas voir l’astre du jour s’éveiller

J’attendrais que ton parfum s’évapore

afin de respirer la disparition de nos corps.
Si j’avais des ailes

Elles seraient d’hirondelle,

Peut-être annonceraient-elles ce quai

D’où tu t’es échappée

 

Et cette vision de ton sourire

Beau comme un souvenir.

 

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15 réponses à “Si j’avais des ailes

  1. Un texte avec de belle envolées (naturellement). Cela fait du bien de lire ta prose alors que la pluie tombe en ce moment.
    Et coïncidence, … juste après avoir lu ton fil, me voilà tomber sur un livre de photos que l’ont me conseille : « As-tu jamais rêvé que tu voulais ? », d’Austin Ratner. La couverture me plait bien.
    Bon je m’égare; Et fais-nous encore rêver par tes billets.

  2. Ouh, là, là. Je fatigue. Que de fautes d’orthographes dans mon message. On voit que je ne suis pas passée par la classe de Mme Papet !
    Je ne sais pas comment les corriger. Alors excuse pour les lecteurs prochains.

  3. tu pourrais de poser quelques instants sur mon balcon, mais interdiction d’y chier !!

    Si tu avais des ailes, les hommes auraient vite fait de te les couper, de te le rogner pur t’empêcher de voler, ils te mettraient dans une cage pour t’ausculter, t’analyser…

    L’être humain est pô drôle ! 😦

  4. Si tu avais des ailes, tu serais pigeon voyageur aux messages secrets
    Si j’avais des ailes, je serais un moineau perdu dans la forêt
    Si nous avions des ailes, l’azur nous tournerait la tête
    Nous pourrions effleurer les nuages et chanter à tue-tête

    Te voilà poète on dirait !

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