Ce matin, en attendant le bus à la Motte-Picquet Quenelle

L10-12-La-Motte-Picquet-01

« Quand ton chef te dit que t’es pas augmenté, t’as envie de tuer la terre entière ». Adolf H.

Je m’étais pourtant promis de ne pas tremper là-dedans. Trop dangereux (bon évidemment, j’ai connu plus courageux que moi, faut être clair), trop polémique (c’est bien simple, on n’avait pas connu telle effervescence depuis la main de Dieu de Maradona), trop compliqué (si je savais dessiner, je vous ferais d’ailleurs plutôt un dessin, mais ma dernière prof d’arts plastiques s’est suicidée).

Je le sais en plus que le premier qui rira aura une tapette, c’est pas nouveau.

Je ne te parle pas de l’autre bouffon dont l’espoir de passer pour un martyr n’a d’égale que son agitation pour être médiatiquement visible. Non.

Hein ? Comment ça tu ne vois pas de qui je parle ? Mais si enfin ! Le mec au membre pointé vers le sol et qui a la prétention affichée d’être anti-système, cependant qu’il dissimule maladroitement le fruit de son labeur nauséabond au fisc pour ne pas payer d’impôt (ça c’est vraiment anti-système bordel, chapeau beau pour le foutage de gueule au carré et pour les atrophiés du bulbe qui continuent à voir en lui un homme providentiel qui compte dans la vie politique française et dit tout haut ce que le beauf pense tout bas entre deux rots de Kro – à noter que pour le moment, il compte surtout ses sous).

Allez, dernier indice : c’est un des seuls représentants d’une minorité discriminée négativement à voter FN.

Non, toujours  pas ?

Bon, on s’en fout si tu vois pas de qui il s’agit, on va pas lui faire de la pub en plus, hein ?

Je vous parle pas non plus de « l’affaire Gayet ». C’est vrai quoi c’est important la vie privée d’un homme public (pas trop sûr du sens de ma phrase là…). Ok, il fait un peu du Sarko en mieux (pas dur remarque) avec la vie privée bling-bling et la cocue enfermée à l’hôpital, mais bon faut l’excuser, quand on lui a dit qu’il fallait reprendre les fonctions du nain, il a cru qu’il fallait tout reprendre. Carla n’était pas fan de son humour, et voilà le résultat…

La seule chose qui le sauve là-dedans c’est qu’il faisait tellement pitié dans son costume de Droopy humide que le voir se taper une jolie actrice débordante de charme le fait gentiment reprendre quelques galons dans l’estime du français de base. On remonte dans les sondages comme on peut.

Mais bon bref, non plus.

Je vous parle pas du scandale que constitue le suspense de la ligue 1 cette année, la seule question restante étant celle de savoir si Zlatan va zlataner plus de 40 buts cette saison (à mon avis oui, mais j’ai jamais rien gagné au Loto Sportif donc on s’en cogne).

Je ne parle pas non plus du monsieur qui écrit les blague sur les paquets de BN, et qui a comparé les soldes à du rugby féminin, ce qui a eu pour effet d’exciter les chiens de garde anti-sexisme de la blogosphère, ceux-ci ayant apparemment déjà écoulé leur stock d’humour de la semaine. Ce serait pas bien passionnant, ajouté au fait qu’il m’a déjà semblé apercevoir un homme pendant les soldes (même qu’il faisait le ballon).
Non, non, je vous parle de ce putain de monde dans lequel on évolue. C’est de plus en plus compliqué les gars, vous avez pas remarqué ?

Le monde du travail est devenu une jungle inextricable dans laquelle seuls les plus vils survivent. A l’image de notre société de plus en plus individualiste, la prime au connard a de beaux jours devant elle. En effet, force est de constater que les intérêts de nos dirigeants trop bien payés et les intérêts de l’entreprise qu’ils dirigent sont rarement convergents. J’ose pas dire qu’ils ne le sont jamais mais je le pense un peu quand même.

Et nous là-dedans ?

Ce matin, la DRH m’explique qu’il faut respecter les grilles de salaire, elle me parle « nuage de points » et patati et patata qui montre une jolie répartition des revenus par l’âge du capitaine. En regardant de plus près, je me rends compte que moi je suis pas dans le nuage, je suis la pluie en dessous. Et Miss Météo m’explique que c’est important une répartition équitable et qu’après la pluie le beau temps (cette conne a réponse à tout). Je lui dis que j’aimerais bien voir la lumière du soleil, elle me demande quelle école j’ai fait. Salope.

J’apprends dans le même temps que cette année les augmentations ne seront accordées qu’à partir de Juin (décision unilatérale d’un planqué de la Direction Générale qui a dû s’augmenter immédiatement lui-même grâce à sa superbe idée). Et que ce ne sera pas trop réactif. Pardon, pas rétroactif. Pas con le truc. Tous les ans, tu décales un peu et *hop* au bout de quelques années, tu gagnes un an. Comme quoi l’innovation managériale est éternelle.

Je vois bien le truc dans quelques temps où lorsque tu passeras ton entretien annuel, tu n’espéreras pas être augmenté, mais tu négocieras ta non diminution de salaire.

J’imagine les cris de joie des employés : « ouais !!!! j’suis pas diminué cette année ». Et les déceptions « Ecoute Jean-Fab’, ça fait 3 ans que t’es pas diminué, laisses-en un peu aux autres (espèce d’égoïste) ».

Ah la vache, suis pas impatient d’être en 2020.

Remarque je dis ça, mais avec un peu de chance, je vais passer sous un bus demain.

Au moins, j’entendrai plus parler de quenelle. Vous faites vraiment chier tous avec cette quenelle à la con d’ailleurs.

Je sais que c’est pratique (en ne décrivant rien de précis, ça s’applique à tout, pas con le concept), mais quand même. Il parait même que certains les cuisinent, n’importe quoi. Le monde va mal, j’vous le dis.

Allez, je vais aller me faire un crumble à la quenelle canelle, histoire d’avoir l’impression d’émietter un peu la gueule du système.

—-

Dernière minute :

Le créateur des blagues BN vient d’être sommé par sa direction qui tente d’étouffer le scandale de réaliser une blague sur les hommes et cette même direction a annoncé avoir contraint le malheureux à aller faire les soldes aux Galeries Lafayettes (en talons).

Joint par téléphone, Mr X (j’ai décidé de préserver son anonymat) nous raconte « Grâce à ma longueur de bras, j’ai bien raffuté, et je suis arrivé premier aux jupes, en plus les talons m’ont bien aidé dans la mêlée. Par contre, j’avais oublié mon protège-dents, je vous raconte pas ce que j’ai pris dans la gueule au rayon chaussure », et de conclure – piteux me semble-t-il – « par contre,  pour les blagues sur les hommes, je sèche… je crois que tout a déjà été dit ».

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6 réponses à “Ce matin, en attendant le bus à la Motte-Picquet Quenelle

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