Un petit extrait n’a jamais fait de mal (à personne)

1erfinalcouvperspec600

Jakarta – Jeudi 29 octobre 2009

J’ai une bonne amie à Jakarta qui s’appelle Eka. Elle sort tout le temps avec Bagus, ils se connaissent très bien. C’est un ancien mannequin, toujours canon, mais je ne l’ai jamais intéressée, elle veut des hommes beaucoup plus mûrs (et surtout plus riches, or même si mon niveau de vie est largement supérieure à la médiane indonésienne, je ne suis pas encore dans le bon décile). Nous parlons toujours beaucoup, et elle m’apprend pas mal de choses sur les coutumes, et surtout les femmes locales, ce qui n’est pas inutile dans ma quête du sexe facile.

Le jeudi soir, elle est présente, avec Bagus, quelques autres amis à eux (incluant des femmes sublimes), et une certaine Indah, plutôt timide et réservée (« je peux prendre la fille là ? », « euh, non, elle est réservée »). Nous mangeons des choses indéterminées mais très goûtues, c’est un de ces restaurants où l’on dîne assis par terre autour d’une immense table basse, et où les mets sont disposés au centre, chacun se servant de ce dont il a envie ; comme de la nourriture Padang en meilleur (j’ai déjà mangé Padang une fois dans un restaurant où un collègue m’avait invité, sans doute pour me faire une blague, et je n’ai su que choisir entre poumon séché, coeur et intestin. A noter que cela n’a, a priori, aucun rapport avec la plage de Padang Padang à Bali pour ceux qui connaissent). Comme à mon habitude, j’ai du mal à ne pas boire en quantité astronomique, et je perds assez vite le fil de la discussion avec ma voisine de droite, grande brune aux yeux coquins,

qui en partant me glisse tout de même un papier avec son numéro (règle de base : fermer sa gueule pour briller en société). Je le positionne dans ma poche de droite, voilà une soirée qui a l’air de bien commencer.

Nous partons alors en groupe réduit, à savoir Bagus, Indah, Eka, deux autres mâles et moi-même, direction piste de danse jusqu’au petit matin. Il faut noter tout de même qu’à Jakarta, pour l’équivalent de vingt euros, tu as de quoi payer ton apéro, ton restau, la boîte de nuit, la bouteille et la fille qui va avec (qui ne demande en général pas d’argent, mais qu’il faut entretenir un minimum, enfin c’est ce qu’on m’a raconté).

Indah se rapproche assez vite de moi, j’ai probablement l’air d’être une proie expatriée assez facile, vu que je suis complètement bourré (l’alcool fait décidément plus pour résoudre les problèmes sexuels de l’humanité que l’ONU du sexe qui n’est pas prête d’exister). Je perds d’ailleurs de vue Bagus et Eka. Il semble être tard, je ne sais plus trop ce que je fais.

Je nage donc en terre inconnue… euh pardon… en terrain connu.

Quand je reprends conscience, Indah est collée à moi, et me parle depuis un temps indéterminé dans l’oreille sans ce que je ne comprenne rien à ce qu’elle me raconte. Elle est plutôt petite, et plutôt moche. Enfin, pas moche comme peut l’être une française (faut pas exagérer non plus), juste un peu moche en comparaison des canons qui étaient à notre table il n’y a pas deux heures, et notamment celle qui m’a donné son numéro pour une raison sibylline.

Partant du principe qu’aucune femme n’est assez laide pour être insensible à la flatterie, je décide de la complimenter légèrement. Ça a l’air de faire son effet, même peut-être un peu trop (il faudrait que je pense à mieux régler mon curseur à compliments, j’ai l’impression qu’il n’a que la position “canon” en stock). Elle glousse. Elle se frotte. J’ai l’impression de sentir son clitoris en érection. J’ai vraiment dû trop boire (ou alors, c’est un mec).

Deux jeunes filles se rapprochent de nous. Déjà plus mon style tout ça. Elle leur parle deux minutes en m’ignorant totalement, et les deux filles s’en vont. Mince. Indah me dit que c’est deux bonnes copines à elle, mais qu’elle se doit de protéger son investissement. Oui, c’est bien le mot qu’elle a utilisé. C’est plutôt simple, c’est comme en anglais, y’a pas d’erreur possible. Malgré la clim’ surpuissante, voilà que je me remets à goutter.

Je m’imagine déjà entre ses cuisses, je joue avec cette idée. L’image d’un 69 endiablé s’impose à mon esprit. Je suis horrifié. Indah va aux toilettes. Je pense à des trucs cons. À des bouts de papier qui lui restent coincés dans le derrière. On appelle ça des gratons dans le sud de la France il paraît. En primaire, j’avais un camarade de classe, Denis, qui s’amusait à faire renifler les siens à tous ceux qui avaient le malheur de s’asseoir à côté de lui. La maîtresse ne comprenait jamais pourquoi

personne ne le voulait comme voisin. Je repense au cul de la demoiselle. Quand même, un cul mal lavé, ça te gâche un 69.

Sans que je comprenne comment, je suis dans son 4×4 où elle me propose de me raccompagner. Tout cela commence à dégager une odeur peu appétissante. J’ai l’impression d’avoir été totalement passif toute la soirée, et le numéro de téléphone d’une chaudasse crèche déjà dans ma poche droite, et (ô mon Dieu) la main d’Indah dans la poche gauche (elle y cherche sans doute un trou). J’ai le sentiment d’être dans une BD d’Edika (d’ailleurs j’ai un peu du nez de ses héros. En

revanche, elle, n’a pas les seins de ses héroïnes). Je note pour plus tard qu’il faut toujours mettre le numéro des chaudasses dans la poche de droite, cela évite les ennuis si on doit se faire raccompagner en voiture (non pas que je crois que cela puisse se reproduire de sitôt, mais bon).

Indah se gare sur le côté (pas bon tout ça, on n’est pas encore arrivé à mon hôtel). Elle ne va pas me faire le coup de la panne quand même. Je le faisais qu’elle faisait encore dans ses couches (et encore, je me demande si elle n’était pas plutôt qu’un vague projet de ses parents à l’époque). Elle ouvre sa portière avant gauche (elle veut démonter un pneu ?). Elle ouvre la portière arrière gauche (pas bon tout ça). « Rejoins-moi ». Ah d’accord, c’est moi le démonte-pneu.

Je pense vite, très vite. J’essaye déjà de ne pas penser au papier toilette coincé dans son derrière. Merde trop tard. Ne sachant trop quoi faire, et n’ayant pas envie de rentrer à pied, je la rejoins derrière (le derrière de la voiture, je précise). « Enlève mon soutien-gorge ». Mais, c’est qu’elle donne des ordres en plus. J’imagine que je pourrais m’écrouler en disant que je ne supporte pas qu’on me parle comme ça, que ça me rappelle trop ma maîtresse de maternelle autoritaire et décédée dans des conditions atroces, ce qui m’a valu des années de thérapie par la suite (j’imagine que c’est une porte de sortie honorable pour éviter de baiser Indah), mais c’est trop compliqué à expliquer, et la situation nécessite une action rapide. Je me sens à cet instant comme un prestataire de service et je me dois d’assumer, après tout ce travail d’avant-vente : il est temps de délivrer maintenant. Certains sont des chasseurs, mais savent quoi faire de leur proie. Moi non. Je m’amuse juste à marcher dans la nature, le fusil, c’est pour le décor. S’il y a en une qui prend une balle perdue, c’est quand même pas ma faute. Je décide donc de m’attaquer au soutif. J’ai toujours été une quiche pour cet exercice-là. Je m’applique. Victoire ! « Mais, t’as pété mon soutif ! ». Ah merde.

Jean-Fabien 1 – Soutif 0.

Elle ne se démonte pas (pas plus que le pneu en tout cas), et enlève d’un bloc son pantalon et sa culotte. Le mouvement n’a duré qu’une seconde et je me retrouve nez à nez avec sa chatte, bien rasée, toute propre. « Baise-moi », dit-elle (toujours autoritaire). C’est qu’elle est vulgaire en plus ! Je lui dis que je n’ai pas de préservatif sur moi, elle me dit que je suis en sécurité ici, que c’est une fille sérieuse (mais bien sûr), que je ne risque rien (je suis sûr que les cimetières sont remplis de gens qui ne risquaient rien). Elle me regarde dans les yeux, et elle dit « Tu n’as pas envie de me baiser ». Je ne sais pas quoi dire, je suis paralysé par cette révélation. Elle a raison, j’ai autant envie de me la faire que de manger du sorbet à l’huître.

 

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La perspective du primate

(Roman) – Décembre 2013

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