Tchèque that !

prague

Ben ouais, je vais me casser un peu, me mettre au vert, aller respirer la pollution d’un autre pays, histoire de voir si les fragrances routières d’ailleurs sont aussi plombées que les nôtres, histoire de voir aussi si les touristes sont aussi cons que ceux de Paris (ceci dit, ici, y’a compét’ avec les autochtones, à croire qu’ils reviennent tous d’un stage de caissière à la RATP).

 

Pardon ? Où je vais ?

 

Tu es bien curieuse mon enfant…

 

A vrai dire, j’ai choisi Prague, comme ça au hasard d’une convention où je dois aller faire le guignol sous forme de powerpoints anglicisés et de business jokes convenues. Faire le comique de service mais dans des sentiers bien balisés, il ne faudrait pas choquer le costard quand même. Alors on fait dans le relou gentil, le décalé mais pas trop. Le cadre de plus de quarante ans, c’est un peu comme la ménagère de moins de cinquante, il y a des règles à respecter. C’est un équilibre à trouver, une forme d’improvisation dans une gamme prédéterminée. Le choix de la note, pas du mode. Comme si je devais peindre un tableau abstrait mais avec seulement deux couleurs.

 

Ceci dit, peu importe le travail que je dois y faire, il ne durera qu’un temps et sera vite relégué loin dans mes souvenirs par le week-end. C’est l’avantage du boulot : il est parfaitement circonscrit dans le temps et ne s’échappe jamais de la prison cérébrale dans lequel je l’enferme soigneusement à double tour. Au premier signe de stress en dehors des heures de boulot, je préfère me mettre en arrêt de travail. Mieux vaut éviter le burn-out. J’ai trop peu de neurones en état de fonctionner pour accepter de les laisser se griller pour des choses sans importance.

 

J’ai été à Prague il y a quelques années, je ne me souviens pas grand-chose, si ce n’est m’être fait draguer par un homme dans une boutique d’antiquités. Drôle de fonctionnement la mémoire. Je devrais me souvenir de l’architecture, du théâtre noir, des spécialités culinaires locales, de la blonde locale, que sais-je encore ? Du temps qu’il faisait pourquoi pas, de l’hôtel où je pionçais, des personnes avec qui j’étais. Mais non, je me souviens que mon intégrité d’hétérosexuel a été menacée. Entre ça et mon absence d’intérêt pour mon travail, vous commencez à comprendre, je pense, ce que sens des priorités signifie pour moi.

 

En tout cas, il y a un peu plus de 1 250 000 habitants à Prague, le risque n’est pas insignifiant que je rencontre au moins une personne intéressante (j’arrive bien à en rencontrer à des endroits improbables comme la Défense où c’est la dernière chose que l’on penserait croiser – jusqu’à très récemment, je n’y avais jamais aperçu que des pingouins).

 

Mais oui, je vous raconterai.

 

D’ici là, prenez soin de ma page, venez la visiter de temps en temps, arrosez les plantes, ouvrez les volets au moins une fois par jour.

 

Je n’aimerais pas qu’en revenant ça sente le renfermé.

 

JF, le 28 octobre

 

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4 réponses à “Tchèque that !

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