Le monde de l’édition 7 – Comment repère-t-on un éditeur moisi ?

plume

Ceux qui répondent « à l’odeur d’humidité » peuvent prendre la porte (après l’avoir ouverte, sinon, ça fait un tantinet mal).

Pour avoir participé à la mésaventure Kirographaires ( Je ne serais jamais un super héros de l’écriture ) puis vu la mort de cet éditeur moisi parmi les moisis ( Vie et mort d’un éditeur ), je pense être à-même de répondre à la question suivante : mais, enfin, Jean-Fabien, éclaire-nous de ta science, dis-nous comment on repère un éditeur de crotte ?

 

 

        Morpheus Le Hu – Il est le moisi. Je l’ai vu dans ses fautes d’orthographe.

        Neo Serge – Je le savais !

 

        Allez, prends la pilule bleue Serge, ça ira mieux.

 

Bon, j’en étais où ? Ha oui, ma science !

 

Ha, j’aime quand on me flatte diantre. Cela me fait du bien derrière les oreilles, cela me fait vibrer le coccyx (petit cochon), ça me titille l’ego (qui n’a pas besoin de ça le con).

 

Compte d’auteur et patati et patatras

Bon déjà, on va écarter les éditeurs à compte d’auteur (qui n’ont d’éditeurs que le nom), ce sont plutôt des prestataires de service si tu veux mon avis (et le service est pas donné !). Mieux vaut préférer une bonne auto-édition qu’une prestation de service hors de prix (et souvent mal faite).

Un petit article pour vous y retrouver dans c’te jungle : ici !

 

Les vrais-faux éditeurs

Ce sont les pires (et l’objet de cet article, ça tombe bien) !

Ils ont l’air bien sous tout rapport (même sexuel, c’est dire). Or, pas du tout (bien que je n’ai pas testé le sexe avec eux – ceci dit, si tu aimes te faire sodo*, ha on me dit que c’est pas ce genre d’article, ok ok).

Pourquoi vrais-faux ? Mais parce qu’ils se cachent les vilains. Ils veulent te faire signer, et après te pomper (tss tss) ton carnet d’adresses pour vendre à tes proches, ou alors te faire commander toi-même tes propres bouquins (ce qui est tout de même assez comique quand on prend un peu de recul – ce qui ne fait jamais de mal sauf qu’on est dans des toilettes turques).

Mais comment les repérer sacrebleu ?

Allons-y pour quelques astuces de derrière les fagots.

 

1 – Tu as envoyé ton manuscrit et moins de 3 semaines après, miracle, tu as une réponse !

Et quelle réponse ! Non seulement, tu es le nouveau Marcel Proust (ou Alain Proust ? merde j’ai un doute), mais en plus, ça tombe bien, cette maison d’éditions en cherchait un depuis des années (tu m’étonnes) !

Il faut savoir (et ces éditeurs le savent bien) qu’à l’instar de l’effet de la flatterie sur les filles laides, un écrivain n’est jamais assez mauvais pour être insensible à la flagornerie. C’est magique, on lui dit qu’il a écrit un chef d’œuvre, et *paf* il tombe dans le panneau. C’est qu’en plus d’être mauvais, il est un peu con faut dire. Faut dire aussi que ça fait 6 mois qu’il se prend des vents des éditeurs, alors quand il y en a un qui montre un signe d’intérêt, il en tombe de sa chaise (ce qui commence à faire beaucoup de chutes, entre le panneau et tout ça).

Bon, plus sérieusement, un éditeur même petit reçoit des manuscrits tous les jours, et écluse toute l’année les textes entrants. Ils ont tous un système de présélection en entrée qui prend des semaines, donc si une réponse pointe le bout de son mail trop rapidement, méfiance (la maman de la sûreté) !

Si, en plus, elle te dit que ton manuscrit est génial, double méfiance, car son intérêt n’est vraiment pas avant la négociation du contrat que tu te sentes plus péter (tu te prends encore pour Marcel Prout toi), au contraire. L’éditeur conséquent va plutôt bien te faire comprendre qu’il va falloir mettre de l’eau dans ton vin, compte tenu de l’honneur qu’ils te font te t’éditer, toi petit écrivaillon inconnu.

 

2 – Un éditeur te dit « Ok » sans même t’appeler, par un email finalement assez standard.

Soyons clairs, signer un nouvel auteur pour un éditeur à compte d’éditeur, c’est toujours une sorte de pari. Jamais ils ne proposeront un contrat sans avoir au minimum parlé à la personne, discuté de ses projets, etc.

Donc, si on vous envoie un email pour vous proposer un contrat : aïe. Genre le mec, il a même pas le temps (ou pire : l’argent) de t’appeler.

Heureusement, il existe un contre-feu : demander à l’éditeur de lui parler au téléphone, et préparer une batterie de questions (à-valoir, %age de droits d’auteurs, tirage prévisionnel, diffuseur, sa marque de slip (pour voir s’il t’écoute), etc.).

 

3 – Un éditeur te demande de l’argent

Bon là, c’est alerte rouge maximum, hein ?! Non mais, déjà t’es auteur – ou tu crois l’être –, donc par définition tu n’as pas un rond, et en plus, faut pas confondre, c’est toi qui fournis sa matière première, pas l’inverse. On a déjà vu des auteurs fonctionner sans éditeur, mais l’inverse, c’est quand même plus chaud, faudrait voir à pas oublier nos standards (bordel). Donc, retiens bien : toute forme de participation pécuniaire à la sortie de ton livre tu fuiras.

 

Serge Skywalker – Je veux devenir un grand écrivain.

Maître Iodé – Personne par l’écriture ne devient grand.

Serge Skywalker – Fuck… et maître Jedi ?

Maître Iodé – Un poste s’est libéré tiens justement… appelle pôle emploi.

A répéter tous les soirs avant de se coucher (et APRES t’être brossé les dents, parce que là t’en fous partout… mais qu’il est con).

 

4 – Un éditeur inconnu avec plusieurs centaines d’auteurs

C’est chelou (*) quand même, non ? Les éditions BiduleSchnock, inconnues au bataillon (même pas sises dans le 6ème arrondissement en plus, la grosse lose des familles quoi), située dans la banlieue profonde d’une ville de province dont le nom t’évoque vaguement un fromage qui pue, et qui publient chaque année 150 bouquins. En fait, c’est pas chelou du tout, ça sent juste l’arnaque façon pyramide de Ponzi, où les nouveaux arrivants fournissent un carnet d’adresses de leurs proches qui précommandent les ouvrages ce qui permet d’alimenter la machine en cash. Je ne dirais qu’un mot : fuyez !

De toute manière, le seul mec qui est en haut de la pyramide, il est déjà aux Barbades à l’heure qu’il est.

            Dark Demon Pierot – Rejoins-moi du côté obscur de la farce !

            Padawan Serge – Mais attends, j’ai pas fini d’écrire mon bouquin…

Dark Demon Pierot – On s’en fout, on s’arrête pas à ce genre de détails pour dominer l’univers.

5 – Un éditeur qui répond pas au téléphone et n’a pas de bureau

Et pourtant Dieu sait que c’est important un bureau. Sans bureau, où est-ce que tu poses la photo de la petite dernière ? Où tu le poses le mug à café ? Où tu la prends ta secrét*% oups, pardon, on se concentre.

Un éditeur qui ne répond pas au téléphone, ça existe (j’en ai vu). Pourquoi ? Mais tout simplement parce que pour lui la relation auteur ó éditeur consiste uniquement en une relation contractuelle unilatérale où l’auteur est un pion, ou plutôt une poule à pondre des manuscrits (et vue la forme de l’engin, ça doit pas faire du bien au ouin-ouin – même si c’est imprimé sur du rectal seul (*aheum* un blâme Jean-Fab’)).

Or, une relation auteur ó éditeur, c’est censé être une relation artistico-intelligente, avec un intérêt convergent, à savoir la vente de l’œuvre. Ni plus, ni moins.

Donc, si un éditeur vous envoie votre contrat par mail et dit qu’il n’est pas nécessaire de se rencontrer, eh bien, comment dire ? Fuyez !!! (qu’est-ce que tu fuis toi, tu voudrais pas appeler un plombier ?).

 

6 – Il est impossible de trouver les livres de l’éditeur en librairie

Ben ouais, ça fait cinq fois que tu lui demandes où tu peux voir ses livres pour voir un peu la gueule du produit fini, et à chaque fois il te banane (par les deux bouts en plus).

Or, mon p’tit gars, la distribution et la diffusion de ton bouquin, c’est la clé (bon ok, là ça fait deux clés – tu serais pas du genre pointilleux, toi ? Concentre-toi plutôt sur ton écriture).

Un bouquin, ça se vend en librairie aujourd’hui, même si le numérique commence à décoller ça reste presque anecdotique en termes de chiffre d’affaires. Bon ok, ça se vend aussi sur Amazon, mais c’est moins classe. Et pourquoi serais-tu devenu écrivain si ce n’était pour la classe, jeune con ?

 

7 – L’éditeur reste évasif sur le tirage du bouquin

La question est pourtant simple : à combien d’exemplaires le premier tirage du livre sera-t-il effectué ? Comme pour tout, l’investissement initial conditionne beaucoup de choses. Plus l’éditeur investit, et plus il aura tendance à vouloir revoir ses sous. Et comment revoir ses sous, si ce n’est en vendant un max d’ouvrages (on appelle ça un cercle vertueux, abruti) ?

Le tirage donne aussi une indication sur la capacité de l’éditeur à balancer des livres dans un réseau de distribution.

A noter tout de même sur ce point que l’émergence de la POD rebat légèrement les cartes à ce niveau-là, même si on en est au début et qu’il est difficile de voir aujourd’hui où tout cela va aboutir.

 

8 – L’éditeur est réticent à parler sous

Un peu comme toi avec ta femme petit chenapan. Ben oui, on devrait pouvoir parler de blé sans se prendre la tête. Alors coco, tu me fais combien de pourcentage de DA ? C’est combien l’à-valoir ? Quel budget promo pour ma bouse, pardon mon chef d’œuvre ?

L’éditeur qui commence à te dire « c’est compliqué », style statut amoureux facebook, ou à faire des phrases alambiquées a quelque chose à se reprocher (un peu comme quand ta femme te demande où tu es et que tu réponds « non mais, tu le connais pas »). L’éditeur normal a des contrats standards, fait des à-valoir d’une certaine valeur suivant la notoriété de l’écrivain et il n’y a pas d’embrouilles, c’est clair et peut être transmis à la demande. Pour les autres, ils vont évoquer la difficulté du monde de l’édition qui nécessite de s’adapter, et blablabla. Ben voyons. Continue et tu vas te prendre un coup de sabre laser dans la gueule toi.

 

 

9 – L’éditeur te dit que ton manuscrit est parfait en l’état

(ajout du 19/06, suggéré par un lecteur perspicace, merci Internet)

C’est fou ! Plus c’est gros, plus ça passe. Ton manuscrit est exempt de fautes d’orthographes, il est parfaitement écrit, même la typo que tu as choisie correspond à celle de l’éditeur. En gros, vous étiez fait pour vous rencontrer et tu es un génie de la littérature.

Euh… Y’a comme une couille dans la soupière non ? Moi je dis que ça ressemble plutôt à un éditeur qui veut pas payer de Directeur d’ouvrage et encore moins de services de correction. Bon ben, si ça t’amuse de fournir la gomme et le crayon avec ton bouquin, fonce !

 

 

           Padawan – Merci grand maître, je suis un peu moins perdu maintenant.

Maître JF – C’est dommage, c’est quand même sympa Dagoba. Bon, faut rentrer maintenant… putain, il est où ce con de GPS qui parle en québécois ?

Bon, j’ai fait tout ce que j’ai pu (et même plus encore) et je suis arrivé qu’à 8 astuces. Disons que 10, ça aurait été mieux, mais je suis un gros fainéant.

Donc, si l’éditeur auquel tu penses à 7 sur 7, je pense que c’est impossible car Kirographaires a fait faillite (ha ha). Plus sérieusement, au-dessus de deux signaux d’alerte, méfie-toi vraiment (en tout cas, je t’aurais prévenu).

Bon, et puis vas traîner sur les forums d’auteurs, sur les groupes Facebook, renseigne-toi bordel. Ces éditeurs jouent sur la dissymétrie de l’information en considérant que tu n’y connais rien et qu’ils peuvent donc t’entuber. Mais avec internet, l’information est accessible, partout, pour peu que l’on fasse un peu d’effort (la preuve, tu es tombé sur mon blog exceptionnel).

Ha oui, tiens un dernier conseil : n’hésitez pas à contacter des auteurs déjà signés. Rien ne vaut la vision de l’intérieur de la bête.

Non, non, n’essaye pas de rentrer par là.

Tu sais, je m’interroge… t’as vraiment écrit des livres, toi ?

——

(*) Tu le crois que c’est dans le Petit Robert 2014 ? Quelle bande de kékés (*)…

 

Elle est pas jolie cette référence circulaire ? Bon allez, je vous laisse, j’ai mes cours de sabre laser dans ta gueule.

—–

Autres articles sur le monde de l’édition :

Le monde de l’édition 1 – Que faire de mon manuscrit

Le monde de l’édition 2 – Compte d’auteur, compte d’éditeur

Le monde de l’édition 3 – où ne pas envoyer mon manuscrit et 3 bis – suite

Le monde de l’édition 4 – J’ai un éditeur, que dois-je faire ?

Le monde de l’édition 5 – Pourquoi les éditeurs nous prennent-ils la tête quant au format des manuscrits ?

Le monde de l’édition 6 – La promo (la fameuse)

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16 réponses à “Le monde de l’édition 7 – Comment repère-t-on un éditeur moisi ?

  1. Je réponds ici car le sujet sur « Maux d’Auteurs » contenant le lien vers cette page a été verrouillé ; (je me demande pourquoi, mais bon !)

    J’ai lu une grande partie des articles de ce blog consacrés à l’édition. C’est assez plaisant à lire, bien que le curseur de la grossièreté soit poussé un peu trop loin, à mon goût, et je le partage. Et je suis gêné par l’excessive modestie de l’auteur qui qualifie souvent par défaut son livre, et celui du candidat à l’édition, de « bouse ». Je ne l’ai pas lu, mais rien ne dit qu’il ne pourrait être, comme le mien d’ailleurs, un excellent bouquin.

    La description du monde impitoyable du monde de l’édition est fidèle à la réalité et ressemble à celle que je fais sur mon site (http://baykus.a2co.org/coaching.htm – ça commence comme une pub, mais j’espère que ça ne choquera pas la modération). C/A : à fuir ! C/E : mission impossible ! Le reste : MEF !

    Ceci dit, je nuancerai les propos de JF concernant Kiro. Je connais assez bien le sujet, faisant moi-même partie des « victimes ». J’ai pris la peine, suivant à l’avance le conseil donné plus haut, de contacter des auteurs publiés chez eux. Ce qui est ressorti de mes conversations, c’est plutôt un super foutoir qu’une escroquerie intentionnelle et préméditée. De là à dire que les écrivains sont satisfaits… Et n’oublions pas que les premières victimes, avant même les auteurs et clients déçus, sont les salariés de la boîte. Je n’ai pas été au bout du chemin, mon parcours s’étant trouvé interrompu avant l’étape de la désignation d’un directeur d’ouvrage ; heureusement peut-être. J’ai été fortement incité à fournir une liste d’adresses, mais sans minimum imposé, et je n’ai pas versé un centime. Pour la couverture, c’est moi qui ai fourni la photo, mais ce n’était pas obligatoire.

    Il n’est pas étonnant, vu la difficulté de se faire publier, même quand on propose autre chose qu’une bouse, que certains prétendus éditeurs offrent des formules qui ne sont pas exactement du C/E. La majorité sont des attrape-couillons, mais certaines ne relèvent pas du grand banditisme, si tout est annoncé à l’avance. Ainsi, mon premier « éditeur » exigeait de ma part l’achat de 20 exemplaires, à prix réduit. J’ai suivi, et je ne le regrette pas. Il m’a versé des droits. Ce qui n’empêche que je l’aie abandonné, pour d’autres raisons. La vente par souscriptions, ça craint un peu, mais pourquoi pas ? Je ne marcherai jamais dans ce système, mais pour quelqu’un qui possède une grande famille et beaucoup d’amis, c’est mieux que ne pas être édité du tout. Enfin, si l’auteur accepte de se défaire de sa médaille « édité », l’A/E avec souscription préalable est bien, bien plus avantageuse.

    L’idéal est quand même le C/E. Mais certains, paraît-il se font tirer l’oreille pour verser les droits, et parfois ne les versent jamais.

    La première chose avant de se lancer, c’est de consacrer un peu de son temps à enquêter, de se fixer des objectifs raisonnables, ou de savoir qu’on en a pas, de peaufiner ses textes, de les faire lire autour de soi, de ne pas se croire sorti de la cuisse de… Victor Hugo, et de ne pas se décourager au premier insuccès. D’autres, et non des moindres, sont passés par là.

    • hello et merci pour ta réponse.
      Je me permets de répondre à ta réponse. Inutile d’épiloguer sur l’histoire Kiro qui est maintenant mort et enterré, cependant je tiens à préciser un point moi aussi. Je me suis longtemps demandé s’il s’agissait d’incompétence ou d’escroquerie, sans répondre totalement à la question, il me semble utile de tout de même préciser que tu as eu de la chance d’être à cette phase de la publication de ton bouquin quand Kiro est mort. En effet, tous les auteurs qui avaient déjà fourni la liste d’amis pour les précommandes ont eu la désagréable expérience d’avoir des dizaines d’amis qui ont commandé un livre qu’ils n’ont jamais vu (ajouté au fait qu’ils ne reverront jamais leur argent). La boîte « aurait » fini avec un trou dans la caisse de plus de 200 000 euros, avec des factures non payées chez plusieurs imprimeurs, des Directeurs d’ouvrage non rémunérés (ils se sont même regroupés sous l’impulsion de quelques-uns pour lancer des opérations de mises en demeure), des salariés qui sont allés aux prud’hommes pour plusieurs d’entre eux, et surtout aucun DA payé pour les auteurs pendant la dernière année de l’exercice, ce qui commence à faire beaucoup. Maintenant, faisons un petit calcul. Kiro avait 650 auteurs, même si seulement la moitié avait dépassé le stade des précos, à raison de 20 euros le bouquin en moyenne et de 50 précos, tu dépasses déjà le demi million d’euros. Donc, je laisse les gens juges. Escroquerie ou pas ? (ai-je précisé que le PDG n’en était pas à sa première maison d’édition coulée ? si j’ai oublié cette info, c’est balot quand même…)

  2. Il est toujours utile d’épiloguer, tant que tout n’a pas été dit. Et internet est le meilleur espace d’épilogation (ou d’épiloguitude). Effectivement, c’est ballot de ne pas tenir compte du fait que le PDG serait un récidiviste. Mais qui le savait ? Pas moi en tous cas. Ceux qui n’ignoraient pas et ne disaient rien sont coupables, selon moi.

    Ce qui me rend un peu amer, c’est que je n’étais pas seul dans l’affaire. J’avais entraîné dans l’aventure une dizaine d’auteurs, et pas des plus mauvais. Le but de l’entreprise était l’édition d’un recueil de nouvelles primées dans les concours. Personne n’y a laissé des plumes (je veux dire des brouzoufs) mais ils ont donné de leur temps et de leurs efforts en pure perte (surtout bibi !). Le plus grave, si ça s’avère exact, c’est que des clients, après avoir envoyé un chèque, ne seront pas remboursés.

    Précisions :

    1. Je n’ai aucune action chez Kiro, et n’en aurai jamais, et pour cause.
    2. Les chiffres que tu avances me semblent exagérés. 650/2 = 325 auteurs. 20 X 50 = 1000. Mais 325 000, ça ne dépasse pas le demi-million. Et c’est invraisemblable. Je n’imagine pas que la moitié des auteurs aient déjà vendu chacun 50 exemplaires, chèques déjà envoyés. Ça doit être beaucoup moins. Mais peut-être assez pour s’acheter un petit bateau à Ibiza, avec une Fuego en prime !

    • oui pardon pour le calcul raté, ceci dit, c’est beaucoup plus, car là, je ne parle que des précos, mais il y a aussi tous les livres qui étaient déjà sortis et vendus parfois à plusieurs centaines d’exemplaires, sachant que personne n’était payé, je te laisse faire le calcul…
      Pour les infos « off », nous avions des taupes en interne Kiro qui nous donnaient des infos (des salariés mécontents), et plusieurs auteurs s’étaient regroupés en groupe sur facebook pour échanger les infos. C’est ainsi, grâce au travail d’équipe, qu’un certain nombre d’entre nous ont pu récupéré nos livres et nos droits avant la liquidation.

  3. Bonjour,
    Décapant et très drôle (je ne suis pas réfractaire à cette forme d’humour, après tout un chat, c’est un chat… ). Et surtout dommage (rhaaaa) que je ne sois pas « tombée » sur vous en 2004… avant de signer avec un Moisi très très moisi et toujours en activité (et qui apparaît dans votre liste de Moisi à éviter d’ailleurs dans un article précéden). Mais bon, la sagesse vient après la première grosse gamelle et tant pis pour « l’oeuvre de jeunesse » qui n’avait rien d’un chef d’oeuvre. Au moins cela apprend la vraie modestie et cela fait dégonfler la tête et les chevilles…

    A bientôt.

    Sylvie

  4. c’était Le Manuscrit.pigeon (.pigeon pour les auteurs crédules ça remplace le  » .com » pour communication inexistante, promotion bidon, contrat foireux euh je m’arrête là sinon je vais déborder). 🙂

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