On peut pas lutter

interdit

Il est de ces matins foireux, le genre « métro bondé alors que tu le prends à la même heure que d’habitude » (pour ceux qui aiment partager les microbes), ou le genre « prune sur le pare-brise agrémenté de quelques productions de pigeons adeptes de la dégustation de cerises » (pour les plus polluants d’entre nous).

 

Ces jours où quand tu vois ta tronche gueule dans le miroir, tu regrettes le coup d’Ajax vitre de la veille. Ces aubes où la savonnette t’échappe (dieu merci, l’armée est derrière moi (façon de parler bien sûr)). Ces levers de soleil où ta Freebox reboote inlassablement comme une truffe avec la régularité d’un flash de France Info, alors que toi tu as juste envie de manger ton Krisprolls devant la trogne de Maitena. Ces putains de jours où tu le sais que t’aurais dû rester couché, endormi même, en train de rêver que tu honores toute une équipe de basket féminin, sans que jamais ta banane ne montre le moindre signe de fatigue.

Ces jours-là, tu le sais, ton voisin le devine, même ton con de chien le subodore (si t’avais une femme elle le verrait aussi) : tu ne devrais pas écrire.

 

L’écriture, tu vois, c’est une question d’énergie. Un truc qui vient de l’intérieur. Ça doit être l’évidence même. Tu dois chercher ton stylo ou ton blackberry comme un fou car sinon tu sais qu’un truc va t’échapper.

 

Aujourd’hui, non.

 

T’es même content de pas avoir ton BlackBerry à portée, car sinon tu le verrais clignoter bêtement et rougement, t’indiquant que le monde te réclame. Alors que le monde à l’instant où tu y penses… ben il t’emmerde.

 

Et pourtant. Il fait moche (et même qu’il pleut des cordes et des trucs pas clairs), c’est mort pour aller draguer dans un bar (euh dis moi jean-fab’ : ils ont pas de toit tes bars ?). T’as fini ton repassage trimestriel (ou pour être plus précis, tu as abandonné quand tu t’es rendu compte que ton ex avait laissé la cagnotte pour les vacances mais était partie avec le fer à repasser (choix intéressant et qui justifierait presque le tien)). Il y a rediff’ de Patrick Sébastien à la lucarne (j’ai d’ailleurs comme un début de doute sur mon heure de lever là).

 

Bref. Le monde est contre toi (en plus de t’emmerder). Seul ton ordi te fait vaguement de l’œil.

 

Là tu te dis encore une fois « non » (on appelle ça le refus de répétition). Comment quelque chose de bon pourrait sortir de mon cerveau à la ramasse, de ma carcasse bonne pour la poubelle (pas celle du recyclable en plus) ?
Ben ouais excusez-moi les cocos (et les cocottes), mais c’est que ça vient pas comme ça l’inspiration (sauf quand c’est pour respirer). C’est hyper fin. J’ai besoin d’être dans un super état d’esprit (ou aux toilettes). Je ne suis alors que l’instrument du Dieu de la création qui se sert de moi comme d’un stylo (à plume).
Moi, j’ai besoin que ca vienne. J’ai besoin d’avoir envie (d’où les toilettes sans doute).

 

Les mots, c’est un peu comme un spasme qui vient de l’intérieur. Tu peux pas les arrêter, mais le déclenchement du phénomène se contrôle pas des masses (ohé !! Dieu !! Ton stylo est prêt !!).

 

En parlant de ça, je crois me souvenir pourquoi ma journée commence mal. Pour tout dire, je crois même me rappeler de ma soirée d’hier…

 

Oh, purée…

 

Les choses sont plus claires de suite. Je sens même le spasme monter tout seul.

 

Bougez-pas je reviens.

 

En fait, non, ne m’attendez pas, je retournerai directement au pieu après (pour l’équipe de basket, je vous raconterai la fin).

 

Il est de ces matins où on peut pas lutter.

 

Pas facile des fois.

 

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6 réponses à “On peut pas lutter

  1. et quand les matins foireux s’enchaînent, ça fait des semaines foireuses, qu’on justifie maladroitement « oui, je fais une petite pause là, tu sais, j’ai besoin de nourrir mon inspiration, je lis beaucoup en ce moment ! » hum hum… 😉

  2. bon, faut quand même avouer qu’il y a des matins brillants, où on se réveille avec La phrase qui nous fait accélérer le palpitant et qui nous donne des fourmis dans les doigts ! T’as fait un article là-dessus ?

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