Facebook, tu me fatigues

facebook-kill

« Pas ce soir chéri, j’ai trop surfé sur Facebook, j’ai plus le string en face du trou. »

 

Qui n’a jamais été consterné par le statut d’un de ses amis sur Facebook (gêné est peut-être plus approprié d’ailleurs lorsqu’il s’agit de la description par le menu (ha ha) de la préparation d’un énième dîner romantique de François-Alexandre qui sent que « cette fois, c’est la bonne » – la prochaine t’essaieras de vérifier d’abord que la promise piégée et non consentante n’est pas déjà dans tes amis FB) ?

 

Que celui qui n’a jamais eu envie de foutre son chien par la fenêtre (et la femme attachée au bout de la laisse avec) en recevant une demande pour jouer à Cityville me jette la première croquette.

 

Qui n’en a pas eu marre que ses ex passent leur temps à faire la truffe sur leur profil (trop rigolo(te) sur son mur, si chiant(e) à table – « passe-moi le sel, merci. Ha bon, Marie-Charlotte va subir une vasectomie ? »), elle/lui qui ne laissait que les miettes de son humeur vagabonde pour la vie réelle, petit aspirateur à résidus poussiéreux d’ondes positives que vous êtes ?

 

Qui n’en a pas marre d’être aliéné à ce truc sans âmes mais addictif comme une cigarette après le café (rappelle-moi pourquoi je tête ce machin au fait ? Ha oui, j’ai arrêté les sucettes il y a 15 ans et je suis hétéro) ?

 

Qui n’a jamais fait des rêves bleus où tout le monde est ami mais personne ne se connaît, où toute l’information du monde est condensée en un melting-pot indigeste jusqu’à l’absurde, taguée sur un mur sans fin qui s’autoalimente de la solitude des gens ?

 

Qui n’a jamais eu envie de juste marcher sur la prise pour que tout ce cirque s’arrête en plein milieu du numéro de la trapéziste, au moment précis ou le spot lumineux éclaire sa culotte rose et brillante (on peut aussi mettre les doigts dedans – je parle de la prise – si on en a vraiment marre de sa coupe de cheveux, mais cela ne marche qu’une fois) ?

 

Oui… qui ?

 

Bref, Facebook, tu m’emmerdes (et je pèse mes crottes).

 

Non content de me bloquer les demandes d’amis parce que j’ai osé cliquer sur une suggestion que TU m’as envoyée dans la tronche (c’est la dernière fois que je te fais confiance ducon azuré et azimuté) et que cette suggestion m’a dénoncé (« je le connais même pas ce mec, au secours, il me harcèle !! »), de me migrer au format journal sans me demander mon avis (qui n’intéresse personne soi dit en passant, mais tout de même), eh bien, en plus, tu me pollues la gueule avec tout un tas de trucs dont je ne comprends même pas la signification (c’est quoi une cause ??? ouais ben, cause toujours…).

 

Ces jours-ci, et pour une raison qui échappe à toute compréhension (qu’ai-je fait pour mériter tant d’attention, moi qui m’habille exprès en gris pour passer inaperçu dans la jungle urbaine, moi qui tourne consciencieusement la tête dès qu’une vague connaissance – encore plus vague qu’un ami FB, c’est dire – me salue dans la rue d’un mouvement de tête qu’il est impoli d’ignorer), je suis invité à tellement d’évènements sans intérêt apparent et de groupes obscurs et secrets (enfin, pas tant que ça, vu qu’ils ont réussi à me chopper) que j’ai dû créer une boîte particulière juste pour accueillir toutes ces putains de notification que tu t’évertues à m’envoyer, alors que je te le dis (et c’est la dernière fois) : JE M’EN FOUS !!!

 

Et puis, c’est quoi tous ces gens (pardon, ces « amis ») qui viennent déverser leur mots sur mon mur, comme une sorte de concours de celui qui pisse le plus drôle, le plus percutant, le plus VA PISSER SUR TON PROPRE MUR !

 

Mais le pire truc, il faut que je vous le dise, et ça Facebook, c’est tout simplement impardonnable : pourquoi y-a-t-il plus de gens me fêtant mon anniversaire sur FB qu’en vrai ?

 

Ben ouais, j’ai 39 ans aujourd’hui (enfin c’était il y a 15 jours, mais j’avais pas assez le moral pour écrire un article), et à part toi, mon ami, mon seul ami, Facebook, à part toi, tout le monde s’en fout. C’est pas vraiment une surprise, mais tout de même…

 

Alors, c’est à toi qu’il fallait que je dise ça (qui aime bien châtie bien) : tu m’emmerdes, mais y’a qu’à toi que je peux dire que la vie… ben, parfois c’est un peu cruel.

 

Je vais te quitter maintenant, il faut que j’aille faire dodo. Si tu pouvais te mettre en veille gentiment, sans faire d’ondes virtuelles. Oui, c’est gentil, ferme la lumière (c’est la petite croix en haut à droite), je vais pas réussir à dormir sinon, je vais trop avoir envie d’aller lire le post désespéré de François-Alexandre après sa soirée probablement merdique. Le pauvre. Finalement, toute cette misère, ça me réconforte un peu. Tu sers un peu à ça aussi.

 

Je crois que toi et moi, on avait besoin de cette explication pour se comprendre un peu mieux.

 

Merci mon ami.

 

Publicités

6 réponses à “Facebook, tu me fatigues

    • Oui, ce n’est pas totalement faux Nicolas 🙂 Vous trouverez des articles qui peuvent vous intéresser sur l’édition dans la catégorie « soyons sérieux (à gauche je crois, mais je suis mal latéralisé) (j’avoue, j’ai été faire un tour sur votre blog). 🙂

  1. Je viens de voir cette info :
    « Mark Zuckerberg avait annoncé une révolution. On a eu Facebook Home. Ce n’est pas un système d’exploitation. Ce n’est pas non plus un téléphone même si cette fois il a été accompagné du HTC First. C’est plus ou moins un launcher qui fait pénétrer Facebook jusque dans les entrailles de votre téléphone. Des applications ? Oui mais via Facebook. Un écran de verrouillage ? C’est pour Facebook ? Interrompre une autre activité pour vous afficher une notification ? C’est du Facebook. On nous vend du Facebook par Facebook pour Facebook. Cela va-t-il fonctionner ? À vous de le dire. »
    Quelle chance ai-je de ne pas être entourée d’ami(e)s que je ne connais ni d’eve, ni d’adam. Heureusement, j’en ai peu mais des vrais et qui m’aident à continuer ma petite vie sans trop de complexe de ne pas être sur Face de Bouc.
    Au fait, combien faut-il d’ami(e)s sur FB pour avoir réussi sa vie à plus de 50 ans ?
    A toi l’ami, mais suis-je une amie puisque je n’ai pas accès à ton mur !,- une lectrice assidue de ton blog en tout cas, comme une marraine en quelque sorte – je te souhaite encore une belle année dans ta tranche trentenaire car l’année prochaine, aie, aie, aie …
    Au fait, je suis en ce moment un peu paresseuse et je m’aperçois que j’ai zappé quelques feuillets de ton blog. Il fait que je me bouge et que je relise ça tout calmement – en bouinant par exemple.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s