Je crois que j’ai un « tiqué »

tic-putain

La vie est mal faite quand même (ça c’est de l’intro… originale, inventive, bien joué, on sent que c’est les vacances).

Pourquoi faut-il toujours que notre propre médiocrité nous éclabousse de sa fadeur à la moindre occasion (et ça part pas au lavage en plus) ? Ne peut-on pas être un loser tranquille dans son coin, sans s’en rendre compte, afin de se satisfaire de sa vie morne et faussement gaie ? Avoir conscience des progrès qu’il nous reste à faire sur le chemin de cette existence nous rend-il plus heureux ?
Comment se fait-il que l’on se mette, par exemple, à détester ce qui parfois nous caractérise malheureusement (et ce à notre corps très défendant (donc attaquant, la meilleure défense étant l’attaque comme tout joueur d’échec le sait)) ? Pourquoi repère-t-on en premier chez les autres nos propres défauts ?

Et puis… Pourquoi le ciel est-il bleu – je dis ça, mais habitant Paris, cette information tient pour moi de la légende urbaine ? Pourquoi les liftings de Sophie Marceau sont-ils plus réussis que ceux d’Emmanuelle Béart – et je ne parle pas de son revers à deux mains ? Pourquoi n’y-t-il pas de lait dans les Flamby et qu’on croit quand même que ce sont des produits laitiers ?

 

Toutes ces questions sans réponse…
Remarque, le truc des défauts – histoire de recentrer le débat – il paraît que ca marche aussi pour les qualités (hier encore je remarquais à quel point mon patron était intelligent et portait bien la cravate). Mais je m’éloigne de nouveau du sujet (même si parler de moi est objectivement fascinant).
Prenons les tics de langage (voilà, c’était ça le sujet, bien caché derrière l’écran de fumée de ma logorrhée hivernale).
C’est pénible un mec qui ponctue toutes ses phrases par « quoi », non (ou qui dit « non ? » à toute ses fins de phrase d’ailleurs) ?

Tu vois ce que je veux dire (autre tic, d’héritage anglo-saxon celui-là) ?

 

Ou les mecs (souvent parisiens) qui disent « putain » tout le temps, comme un signe de ponctuation grossier. Ils s’en rendent même plus compte ces pauvres connards (tout comme le parisien ne se rend même plus compte qu’il ramène toujours tout à lui, jusqu’à s’approprier le putain me souffle-t-on à l’oreille droite… pff… c’est pénible ce tic de lire par-dessus l’épaule des gens).

Plus pénible encore est notre capacité mimétique incontrôlable qui nous oblige quasiment à faire pareil, pour nous mettre, sans doute, au niveau de notre interlocuteur (j’ai d’ailleurs arrêté de parler aux blondes – mécanisme de défense salutaire).

On m’a fait récemment remarquer que je disais « juste » tout le temps (*). Putain l’angoisse. Soyons clairs, se faire renvoyer une vérité en pleine face est tout simplement insupportable, pour nous les petites natures de l’amour propre.

Mais c’est pas simple de gérer ça. Ne pas se ronger les ongles, c’est facile de s’en débarrasser (certains se mettent de la moutarde sur les doigts, mais moi, j’aime la moutarde, alors je me tartine d’huître – c’est coton, mais ça marche bien) ; mais se débarrasser d’un mot, on fait comment ? Il faut une force de caractère hors du commun… ou utiliser l’hypnose. J’ai personnellement été voir un hypno-thérapeute qui m’a « programmé » pour penser à Justin Bieber dès que le mot « juste » pointait le bout de son J. Hé ben, croyez-le ou pas, mais ça marche grave.

Bon, y’a des effets secondaires. L’autre jour, je suis tombé sur le « Juste prix » et j’ai vomi toute ma ratatouille. Sinon, ça va.

 

Le tic qui m’exaspère par dessus tout, c’est quand tu vas manger chez quelqu’un et qu’il te dit « je vais faire ma tarte chèvre tomate ». Euh… Comment ça « TA tarte » ? Tu vas pas nous la chier quand même ? C’est toi qui as planté les tomates ? T’es l’inventeur de la tarte à la tomate ? Tu la veux pas plutôt dans ta gueule ? Pour la peine, je te dirais qu’elle est dégueu… Non mais.
Encore plus agaçant que le tic, c’est le poncif genre comptoir (aussi une forme de tic en un sens, puisqu’il est un symptôme d’une incapacité à dire un truc un tant soit peu signifiant – et vous avez un spécialiste sous la main là, voire sous les yeux). En réunion, combien de fois, entends-je mes blaireaux de collègues dire des choses du type « Il est urgent d’attendre » (c’est ça, j’crois surtout qu’il est urgent que tu fermes ta gueule), ou dire à la fameuse machine à café « quelle bande d’assistés » en parlant – au choix – des fonctionnaires, des arabes, des stagiaires, des réunionnais, des femmes, enfin bref de toutes les catégories socioprofessionnelles non représentées à la cafétéria (ne JAMAIS aller à la machine à café avec une fonctionnaire arabe, c’est la cata assurée).

 

Très répandus aussi les anglicismes, et autres acronymes dont on a oublié jusqu’à la signification : « J’suis complètement over, c’est le sous-staff intégral là, l’autre boulet du Comex m’a pas rendu les output du benchmark du market op' ». Mais c’est bien sûr. T’as pris tes pilules ducon ?

 

Je crois que le pire, c’est les discussions stéréotypées, pseudo comique – et automatique comme les antibiotiques – du lundi matin :

– Salut, comment ça va ?

– Bof… Comme un lundi.
Putain… Le prochain qui me dit ça, juste je l’emplâtre quoi… début de semaine ou pas. Tu vois ce que je veux dire ?

 

Bordel.

 

—-

 

(*) on m’a aussi fait remarquer que je retournais le poulet quand je le découpais à chaque coup de couteau (« euh… comment dire ? Vous avez rien d’autre à foutre que de me regarder découper une volaille ? »). C’est certes une perte de temps, mais j’imagine que c’est surtout extrêmement agaçant pour le poulet (il doit se retourner dans sa tombe même).

 

Publicités

4 réponses à “Je crois que j’ai un « tiqué »

  1. Tic toc, tic toc, qui qui frappe à ma porte ? c’est le bon poulet qui est tout retourné d’être sans dessus dessous à partager le repas d’un écrivain.
    Gardons le sourire t vive le tiqué de métro (pour se rapprocher des lecteurs bien évidemment).
    Et hop 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s