Ça sent le sapio

sapiosexuel

Sapiosexuel… rien que ça. Même quand on croit avoir tout vu (asexuel pour ceux qu’aiment pas ça – genre Schtroumpf grognon du sexe, pansexuel – pour ceux qu’aiment tout le monde (une blonde après trois verres donc), rétro-sexuel – pour les chauffeurs de taxi… euh… non, pour ceux qui retrouvent leur petite amie d’enfance qu’a pris cinq gosses, 2 divorces, et 50 kilos), tout entendu, on découvre des finesses dans la catégorisation des préférences sexuelles qui nous avait jusqu’alors échappées (faut dire qu’on court pas bien vite). Et pourtant, ça fait bien longtemps qu’en la matière, je sais que je ne sais rien (quelle humilité Jean-Fab’, j’en reste comme un con).

 

La sapiosexualité est une affliction saisonnière se caractérisant par une attirance (au sens physique il s’entend) du malade vers les personnes d’un intellect supposé supérieur. Cette affliction touche principalement les femmes (les hommes ne se servant généralement que de leurs yeux pendant la parade nuptiale, le reste étant en état de veille profonde, pour peu que ce reste existe), de surcroît hétérosexuelles de faible QI (pour élargir le spectre des mâles supposément supérieurement doté niveau ciboulot) ou lesbiennes (les femmes se trouvent toujours très intelligentes quand elles sont entre elles, inutile de le nier).

 

 

Quel mâle étrange

Lorsque l’on y pense deux minutes (je ne suis pas en période de parade nuptiale, je peux me permettre), il est vrai qu’un être sexué à fort potentiel intellectuel peut briller d’un éclat que le plus beau des torses épilés n’atteindra jamais – même pas en rave party (quoique).

« On n’a pas forcément envie de coucher qu’avec des mecs cons comme un balai » me disait encore il y a dix minutes ma voisine du 7ème, et Dieu sait que question balai et connerie, elle s’y connaît (même si le balai peut parfois rendre bien des services à la célibataire de moins de 50 ans, quand elle n’a pas eu le temps d’acheter une carotte chez l’épicier du coin).

Cependant, en y réfléchissant au-delà du stade dit du 7ème pallier, on a du mal à croire qu’il ne s’agisse pas d’une forme de subsistance darwiniste nécessaire à la survie de l’espèce, consistant à chercher pour la blonde – au sens australien du terme – le mâle reproducteur dont le patrimoine génétique est le plus éloigné (en gros, tout ce qui a au moins le bac) : « ohhhhh, il a des lunettes ». Le bonus pour elle étant de briller auprès de ses amis (« il m’apprend un mot nouveau tous les jours, aujourd’hui c’était Neurone »), tandis que, de son côté, elle lui permettra de compléter fièrement sa collection de poufiasses. Car c’est bien la caractéristique principale de ce mal étrange : les sapiosexuels… ne se reproduisent pas entre eux !

On a bien eu quelques tentatives désastreuses de reproduction de majors de Polytechnique de gauche au sein de leur caste, mais l’expérience ne fut pas concluante (alors qu’à l’inverse tout le monde sait que les grands génies sont souvent des gros bâtards). Faut dire aussi qu’il s’agissait de deux mâles, ça aide pas.

 

 

 

Où va le monde ?

Evidemment, c’est là que les ennuis commencent, car si être intelligent est une caractéristique difficile à quantifier (et venez pas m’emmerder avec les tests de QI, de QE ou que sais-je encore, sinon je vous oblige à faire le dernier test de Elle pour savoir si tu sais garder un mec), paraître intelligent est un sport national en France – à Paris, j’en parle même pas. On imagine assez bien ceux correctement dotés niveau cellules grises se ruer sur ce nouveau marché des célibataires sapiosexuels. En effet, croire que les lecteurs du Monde Diplomatique vont copuler entre eux serait faire une insulte à l’intelligence des êtres intelligents. Pourquoi se contenter de filles à lunettes, lorsque l’on peut avoir accès à un vivier quasi infini de femelles en pamoison ?

Avec le développement de cette nouvelle tendance, on imagine bien des boîtes de sapiosexuels se créer, où les femelles chercheront des mâles au crâne proéminent pour la saillie (test de QI à l’entrée, les baskets sont autorisées), et où les couples se feront et se déferont dans des backrooms proposant des jeux d’échecs et autres accessoires servant à la sélection objective des candidats.

 

 

Tout ceci fait quand même un peu peur, mais ce n’est pas plus con de choisir un mec parce qu’il est intelligent que de choisir une grognasse sur la taille de ses seins (enfin, j’imagine).

 

Evidemment avec cet article peu amène pour les femmes, je viens de sapioter tout mon plan moyen terme de drague pour les cinq prochaines années.

 

Arf. C’est pas grave. Je n’avais rien prévu question drague dans les prochaines années de toute manière et puis, ma foi, si le monde va de travers, avec un peu de chance et en marchant droit, je devrais arriver à en sortir un jour ou l’autre.

 

Je dis ça, mais quelqu’un de très intelligent m’a dit un jour « il faut de tout pour faire un monde » (phrase à bannir de votre plan drague les gars, c’est juste pour faire une transition). C’est pas complètement faux, être indulgent avec les tendances de mes contemporains ne peut pas faire de mal à mon karma déficient (si je n’y prends garde, je risque de me réincarner en blonde sapiosexuelle et sortir avec un descendant de François Hollande sinon).

 

Et puis, savoir qu’on vit dans un monde où même les Bogdanoff peuvent baiser, je sais pas… quelque part, ça me fait du bien.

 

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4 réponses à “Ça sent le sapio

  1. Si j’ai bien compris (?), nous femmes – parce que cela marche que dans un sens bien sûr 😉 – serions attiré par l’intelligence du mâle ?
    Je croyais qu’en ce moment on aimait bien les cochons …
    Et puis, qui va changer le fusible du salon ou qui va réparer la machine à laver ? L’intelligence se trouverait-il dans sa boite à outils ?
    Bon, je m’égare.
    Mais j’ai bien ri.

    • pour le fusible et la machine à laver, je suis pas trop sûr… depuis que l’homme est devenu objet, il est devenu moins doué avec ses confrères inanimés (quand je prends un marteau, une fois sur deux, c’est le doigt qui se retrouve planté)

  2. Je me demande quel est le terme antonyme qui signifierait « être attiré sexuellement par la connerie d’une personne »… Parce que finalement, c’est le réel fléau contemporain, non la sapiosexualité !
    On est d’accord, non ? 😉

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