Mammaire ? Je vais vous en parler de mammaire ! (*)

 

Passionnante lecture que celle de la presse matinale, source d’inspiration infinie. La détresse de l’être humain est décidément profonde, insondable même.

 

On y apprend notamment qu’un mari a intenté un procès à sa femme pour vice caché et a gagné 100 000 Euros de dommages. Il s’avère, en effet, que cette pauvre dame au physique naturel apparemment peu avantageux avait eu recours dans une vie antérieure à la chirurgie esthétique, notamment (j’imagine) pour trouver un mari. Elle ne l’en avait pas informé et lui était très fier de la plastique de sa femme. Las… déception, lorsque leur fille est née, son physique peu amène a mis la puce à l’oreille de notre cher mari (qui se croyait lui, sans doute, très beau et s’en est trouvé justement fort marri), et il a découvert le pot-au-botox.

 

On notera que la femme a gagné le gros lot en même temps que les gros lolos visiblement, puisqu’elle n’a réussi par son entreprise de reconstruction qu’à trouver un gros con.

 

Outre la décision de justice dont on pourrait discuter des heures, puisque l’on n’y connaît rien (ce qui est le meilleur moyen d’avoir quelque chose à dire), je ne sais pas si la sentence comprend les intérêts, mais dans ce cas, ça tombe drôlement juste.

 

Une question bête me titille : comment ont-ils déterminé la somme ? Y-a-t-il une règle de calcul ? En litres de silicone ou en cm2 de peau tirée afin de déterminer la « quantité » de préjudice ?

 

Que de questions, et si peu de réponses.

 

Il manque aussi quelques informations pour se faire une idée de l’état de délabrement du bulbe rachidien de ce sympathique citoyen : s’agissait-il d’implants au niveau des nichons ? d’un nez refait ? d’une bouche aux contours renégociés ?

 

Evidemment si le mec se marie avec Cher (celle d’il y a 40 ans, faut quand même arrêter le délire, même la chirurgie inesthétique a ses limites) et qu’elle se retrouve à pondre la Cher de maintenant, on peut comprendre le malaise à la maternité. Passé le premier doute (« avoue que tu as fauté avec JF Copé !!! Mais si regarde, elle a sa coupe de cheveux ! »), et une fois le test de paternité brillamment passé, on imagine aisément les doutes du Monsieur (qui se croit toujours très beau).

 

Quelque chose d’autre m’interpelle : y-a-t-il vraiment des règles en termes de génétique ? Ma foi, j’aimerais bien voir la gueule de la fille de Nico & Carla dans vingt ans pour me faire une idée sur cette épineuse question (remarque, à cette date-là, elle fera peut-être 1m80 et on saura qui n’est pas le père).

Si les parents beaux faisaient des enfants beaux et les parents moches des enfants moches, j’ai un paquet d’amies dont il faudrait ligaturer les trompes dans ce cas, pas pur souci d’esthétisme.

 

Bon et puis, arrêtons de tourner autour du scalpel, exigeons de voir la gueule du père avant de nous prononcer. C’est un peu facile d’accuser toujours la mère. Et t’étais où toi mon coco ? Caché sous la couette (mauvaise exemple) ? T’as peut-être rien fait (ou si peu), mais tes petits têtards, t’es bien sûr qu’ils étaient tous au point et bien entraînés, t’es sûr que c’est pas un nabot qu’a gagné la course faute de combattants (la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, désolé de te l’apprendre (je parle pas pour moi, ma fille est magnifique et ça vient clairement de moi, mais je lis beaucoup la presse scientifique et il se passe des trucs en bas, t’imagine même pas mon pote)).

 

En tout cas, j’imagine bien la tête du père à l’hôpital : « mais enfin… vous êtes sûrs que c’est ma fille ? Regardez bien la mère ! Vous voyez pas comme un bug ? ». Hé ben ouais mon pote, on peut pas tout acheter, même si dans ton cas on est assez impatient de pouvoir faires des implants neuronaux.

 

Bon maintenant qu’on a bien rigolé de la misère intellectuelle de cet homme (pour son compte en banque, ça va bien merci), il est venu le temps des cathédrales… euh, pardon, il est venu le temps de la révélation.

Car, en fait, nous n’avons rien compris. Ce que vous ne savez pas, c’est que la femme avait refusé de payer une nouvelle paire de seins à leurs filles. Le mari n’avait plus qu’une solution : lui réclamer 100 000 euros pour satisfaire les besoins mammaires de sa fille (« si tu veux qu’elle te ressemble, vas falloir casquer ma vieille »).

Ceci dit, elle aurait pu attendre Noël, car c’est bien connu, le euh… Noël mammaires… bon ok, je sors.

 

Non, non, non, Jean-Fab’ reste et finis cet article comme un grand garçon. En plus, c’est pas ça la révélation (même si c’était bien essayé), essaye de te concentrer un peu (oui, je sais c’est lundi matin, tout le monde est en vacances sauf toi, gnagnagna, mais quel gros geignard).

 

En réalité je vous le dis, il est temps de faire passer la chirurgie esthétique au XXIème siècle, un peu à l’instar du dopage dans le cyclisme qui y est passé depuis longtemps déjà. Il est temps d’appeler le Docteur Ferrari pour inventer la chirurgie génique afin de réaliser des changements qui passent à la postérité. Non, pas Lolo Ferrari, l’autre.

 

C’est bon, je peux partir maintenant ?

 

Oui Nemo, pars (et n’oublie pas de tirer la chasse ce faisant).

 

—–

 

(*) Désolé pour cet emprunt détourné à la scène culte d’introduction de « Blade Runner », mais il me fallait un titre.

 

 

Publicités

2 réponses à “Mammaire ? Je vais vous en parler de mammaire ! (*)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s