Chap. 18 – Ce matin, j’ai pris une claque (*) (1ère partie)

 

Ce matin, mais ça devient une habitude, je reçois un pli émanant d’un éditeur. A coup sûr un refus (je suis voyante à mes heures perdues (j’ai jamais compris cette expression, c’est quoi perdre une heure ? Si je fous rien pendant une heure, en ce qui me concerne, ça sera la meilleure heure de la semaine)).

 

Bref, les lettres de refus, celles qui s’amusent à se cacher sous ton paillasson, j’en ai des tas. Des jaunes, des blanches, des grosses (sympa, ils me renvoient le manuscrit), des petites, etc.

 

Oui, je fais collection (un peu comme les vents), et si un confrère est intéressé par des échanges, qu’il se déclare (un marin peut-être ?).

 

Donc, d’un œil glauque et distrait (j’ai que celui-là en stock), je lis la missive. Même plus le palpitant qui s’emballe à l’idée d’une réponse positive : un peu comme un cadre de 59 ans qui aurait balancé 200 CV accompagnés de lettres de motivation.

 

Sauf que moi j’y croyais. Non pas en mon génie créateur (j’ai toujours pensé qu’il y avait un truc génétique là-dedans, et vu ce que mes parents ont produit, c’est clair qu’ils l’avaient pas), mais plutôt dans la philanthropie des éditeurs (des altruistes nés), voire une erreur de secrétariat qui m’aurais gratifié d’un oui (si si, statistiquement ça doit pouvoir arriver).

 

Quoi qu’il en soit, lettre à la main et lunettes sur le nez, je m’attends au râteau (et des râteaux, comment dire, j’en ai eu à la pelle…).

 

Sauf que là, trois surprises et pas des moindres.

D’abord l’éditeur a lu mon manuscrit (il devait vraiment s’emmerder). Il m’en parle, le cite, le commente (premier bon point, on va faire du bon boulot ensemble).

Ensuite il a aimé. L’histoire, le personnage, le style. Un peu plus il m’aurait vanté la police de caractères ou le grammage du papier. Un vrai fan, le premier (je le savais, j’en étais sûr, me voici enfin reconnu, moi le Marcel Proust du 8ème étage).

 

Enfin, et c’est la surprise dans la surprise (façon Kinder ou poupée russe), m’expliquant que j’ai inventé un concept révolutionnaire, décoiffant voire dérangeant, il me fait savoir que je ne suis absolument pas dans sa ligne éditoriale et que donc, voilà, il ne peut rien pour moi. Cependant, il reste convaincu qu’avec mon talent, le tout Paris de l’édition va s’arracher mon œuvre.

 

Ben non, et le tout Paris de l’édition me l’a déjà fait savoir (en multiples exemplaires).

 

*Soupir* (long en plus).

 

Faut se rendre à l’évidence, je suis venu trop tôt dans un monde trop jeune (je l’ai déjà dit je crois) : en clair, j’arrête, j’abandonne, je rends mon tablier, je jette l’éponge.

 

Fini ! Tant pis pour vous !

 

Fondu noir.

 

———————————

 

(*) : vous remarquez comme les différentes histoires de ce blog se mêlent habilement ? Ha mais écrivain, c’est un talent bonhomme !

 

 

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10 réponses à “Chap. 18 – Ce matin, j’ai pris une claque (*) (1ère partie)

  1. bon j’ai un doute subitement : es-tu une fille ou un homme ? ( je suis voyante) lol cela dit : pas question d’arrêter onb attend la suite et VITE !

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