Chap. 16 – Un manuscrit (1ère partie)

Cette nuit, j’ai travaillé.

 

Certains écrivains travaillent trois semaines sur une phrase (enfin, c’est ce qu’ils disent), je trouve ça un peu exagéré. A cette allure-là, il aurait fallu que je commence plus tôt. Ou alors que je sauvegarde sur clé usb mes rédactions de 4ème. Ca parlait déjà de gonzesses remarque. J’imagine que c’était frais en plus. Si j’avais su que c’était ma voie à ce moment-là…

Dieu que j’en veux aux conseillers d’orientation. Ils ne nous présentent jamais les différentes voies possibles avec les bons arguments.

Si on m’avait dit à l’époque « Fais pas des maths, mon p’tit gars, y’a 90% de mecs en école d’ingé ! », j’en serais pas à essayer de draguer avec des techniques moisies ou à me mettre à la guitare tous les premiers samedis du mois.

 

Bref, j’ai travaillé.

 

En fait, ça fait plusieurs nuits que j’écris, j’efface, j’assemble, je colle. Un vrai atelier de bricolage. Si mon livre est nul, je pourrai toujours aller postuler chez Castorama.

 

Je suis arrivé à faire un truc bizarre. Une espèce de machin.

 

Un manuscrit qu’on appelle ça.

 

Mon premier manuscrit (arrêt sur image, zoom, plan serré, larme à l’œil, fondu noir sur musique de Vangelis).

 

J’hésite à le dupliquer, ou alors à le mettre sous clé (pour le revendre aux enchères dans quelques années quand je serai riche, célèbre, et que je passerai à la télé pour faire des pubs sur des jambons).

 

Après un rapide calcul de probabilités, je décide qu’il vaut mieux en imprimer plusieurs (je pourrais toujours en prendre un au hasard et dire que c’était le premier, les gens sont tellement naïfs).

 

Bon, c’est pas le tout, mais il faut en faire quelque chose maintenant.

 

L’envoyer par la poste ?

 

Mouais. Un peu impersonnel. Et puis, je sais pas, j’aurais trop peur qu’un postier feignant ou mal intentionné n’en fasse mauvais usage (comme le lire par exemple).

 

En plus, accepter d’être écrivain, c’est aussi accepter d’être pauvre, et 4 euros de frais de port, c’est toujours ça de gagné sur la prochaine bouteille de whisky que je devrai boire pour oublier que je ne suis pas publié et me rappeler qu’écrivain c’est pas de la tarte.

 

En parlant de tarte, ça me donne faim. Bougez-pas je reviens.

 

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8 réponses à “Chap. 16 – Un manuscrit (1ère partie)

  1. baf… c’est toute l’histoire de ma vie, j’ai commencé à 9 ans et vois où j’en suis, puréée!!! t’es toujours aussi bon? (enfin dans l’analyse parce que j’ai pas testé l’homme, mouaaaah)
    j’aime bien vangelis aussi

  2. cher Fabien,
    j’adore ton style pas pompeux et juste,
    posez ses tripes sur la table, oui tu parles, mais après qui va nettoyer mes cochonneries, et ben moi encore ! bon ceci dit ça coute moins cher un timbre et d’imprimer un manuscrit que des séances à perpètre chez un psy….
    continue ça va payer un jour ou l’autre.. et j’achèterai ton livre promis…

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