Chap. 10 – Moi et re-moi

La compréhension du fonctionnement de l’être humain en général et, disons-le tout net, de la femme en particulier m’a toujours plongé dans des abîmes de perplexité (et pourtant, la plonge je connais, je n’ai jamais possédé comme élément de lavage autre chose que des gants Mapa trop petits).

 

J’ai beau avoir étudié le phénomène pendant des années, je reviens toujours à mon point de départ. Ce que j’apprends sur une femme ne s’applique à aucune autre. A croire qu’elles le font exprès (ça serait bien leur genre).

 

Ceci dit, cette curiosité maladive à comprendre la femme pourrait interpeller. J’ai déjà du mal à faire marcher un micro-ondes, alors on va peut-être pas tenter le diable non plus.

 

Quel rapport avec la choucroute me direz-vous ?

 

Et bien le voici le rapport. Je dois écrire un bouquin sur les femmes. Alors j’ai plusieurs options. Soit je fais un bouquin de mon point de vue (donc forcément un peu limité), soit j’essaye de me documenter, de consulter la littérature sur le sujet (Femme Actuelle, Phsychologie magazine, Cuisine bio, Le créneau pour les nulles, etc.).

 

Une fois cette science en ma possession, il ne me restera plus qu’à la délivrer à mon prochain à travers mon livre.

 

Pourquoi vouloir en faire profiter mon prochain ?

Mais pour pleins de bonnes raisons que je pourrais développer sur des centaines de page avant de m’arrêter exténué et pleins de crampes.

 

Mon altruisme naturel par exemple.

 

En parlant de moi (héros d’un bestseller en puissance), parlons peu mais parlons-en bien !

 

Comment vais-je construire mon moi du roman ?

 

Appelons-moi tout d’abord le « personnage » afin de simplifier la grammaire hasardeuse de cet article.

 

Comment faire en sorte d’être fidèle dans la description tout en faisant envie ? Personne n’a envie de lire le livre d’un personnage pénible, moche, pas drôle, incapable de prendre une décision et castré par sa femme (même si sur ce dernier point, ça va être difficile (ou alors j’en fais un célibataire)).

 

L’idée du personnage est bien entendu qu’il soit sympathique (mais pas trop pour qu’on puisse s’identifier à lui, or vu le nombre de connards qu’on croise toute la journée, il ne faudrait pas que je m’écarte trop de mon marché), et surtout que cela soit progressif (du genre, on s’attache petit à petit, et à la fin on pleure parce que c’est fini (mais pas trop parce qu’après on tombe sur la 4ème de couv’ qui est à mourir de rire), si les gens ne pleurent pas on fournit les oignons (ça me donne une idée de marketing croisé cette connerie).

 

Pour que l’on puisse s’identifier à lui, il lui faut quelques caractéristiques universelles :

  1. Il faut qu’il soit beau (c’est tout moi le personnage ça)
  2. Il faut qu’il ait une tare partagée par beaucoup de monde (l’alcool par exemple, ou l’attirance pour les poufiasses)
  3. Il faut qu’il ait un sort enviable (bon boulot avec secrétaire incluse (cf. ci-dessus) ou belle bagnole)

 

Il faut ensuite que l’on ait envie d’être lui, bien que l’on sache que l’on n’atteindra jamais ce niveau de perfection (c’est le moment où on se rapproche de mon vrai moi).

 

Pour cela, je ne vois pas d’autres solutions que de me décrire très précisément.

 

Les lectrices vont tomber comme des moustiques à l’approche d’un jet de Baygon bleu, c’est sûr.

 

Alors, allons-y pour la description sommaire (à base d’éléments objectifs et vérifiables) :

. Je suis donc beau (une fois rasé (j’ai trouvé une tondeuse terriblement efficace chez Leroy Merlin))

. Je sens bon sous les bras (tendance Axe, je peux pas faire un pas sur la plage sans être emmerdé)

. J’ai comme des faux airs de George Clooney (croisé avec un truc pas clair)

. J’ai les cheveux couleur café qui moisit dans l’évier (la vraie teinte, c’est plutôt terre humide, mais c’est moins glamour)

. J’ai les yeux un peu de la même couleur, mais en pire

. J’ai une bouche qui s’ouvre rarement pour dire des trucs intelligents, donc souvent fermée car je sais me tenir

. J’ai l’oreille droite un peu décollée (merci à Mme Papet qui m’a consciencieusement tiré l’oreille pendant tout le CE1 (« Il va écouter Jean-Fabien ? »))

 

Bon, on va s’arrêter là (j’en sens déjà qui s’évanouissent de bonheur), en plus j’arrive pas trop à écrire en face d’un miroir, j’ai les yeux qui partent en vrille.

 

Quelque chose me dit que cette description vous a donné une furieuse envie (je m’adresse aux filles) :

. d’acheter mon (futur) livre

. de me rencontrer

 

Je sais pas pour la 1ère partie, mais pour ce qui concerne la 2ème, sachez qu’on peut s’arranger.

 

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