Interview d’Arnaud Le Guilcher

Je continue mon tour des écrivains célèbres afin de comprendre comment eux ont réussi à rentrer dans la forteresse. Je parle pas gonzesses (merci pour elles), mais bien du « château », celui autour duquel on tourne sans jamais trouver la porte. Le monde de l’édition littéraire pour ceux qui débarquent.

Bon là, je m’attaque à une proie facile :

1)      Il est breton (ça me rappelle quand, à l’école, j’attaquais celui qui n’avait qu’un bras : trop facile)

2)      Dans le genre connu, on a connu plus connu (même s’il mérite autant, voire plus, de l’être que la plupart des écrivains en tête de gondole)

3)      Il est breton (je l’ai déjà dit, non ?)

Vous me direz : et au regard de mon objectif initial qui reste quand même de devenir écrivain célèbre, à quoi ça sert ?

Mais à rien, cher lecteur, à rien du tout (t’es un peu boulet quand tu t’y mets, non ?)

***

Salut Arnaud, bon écoute, on va pas y aller par 4 chemins, j’ai googlé ton nom à mort sur internet, et pas grand-chose à se mettre sous la dent… Le Guilcher, c’est un nom d’emprunt ou alors t’es juste pas connu ?

J’ai un homonyme champion d’échecs. Il doit me mettre une pile dans les mots clés.

Question classique sur ce site : pourquoi es-tu devenu écrivain (tu aimes bien être pauvre ? Pour les gonzesses ? Pour flamber auprès de ta boulangère ? Il pleut trop en Bretagne, alors faut s’occuper ?)

J’ai toujours gribouillé des conneries sur des bouts de papier. A un moment, j’ai mis un peu d’ordre et ça a donné le désordre d' »en moins bien ».

Je vois que tu es chez Stéphane Million, qui est un éditeur un peu atypique, tu peux un peu nous parler de votre collaboration ?

Stéphane est un être à part : il est mû par une énergie folle. Avec le quart de celle-ci, Pastore serait déjà à 210 buts dans le championnat de foot. On marche à la confiance et au respect mutuel. C’est une aventure qu’on écrit avec lui et les autres copains écrivains de sa maison. On est admiratif du bonhomme et de l’abnégation qu’il déploie pour y arriver. Et puis il a des poils. Et ça c’est super (ndlr : c’est pas moi qui dirais le contraire).

On entend souvent qu’il est difficile d’être édité pour un nouvel auteur sans être introduit. Qu’en penses-tu (je précise que cette question n’a aucun caractère pornographique) ?

C’est juste l’énorme foire. J’ai même reçu des lettres d’insulte. « Il est emmerdant de lire votre livre… ». Ca fait bien plaisir. Comme un gros câlin. Pour te donner une idée.

Est-ce que le lobby breton t’a beaucoup aidé pour être édité ?

Non. Nibe. J’ai failli demander l’asile politique en corse.


Sais-tu vraiment repasser des chemises ou tu fais juste genre dans tes bouquins ?

Au niveau repassage, c’est un drame. Aucune idée d’où ce truc est sorti. L’amour des contraires?

La musique prend une grande place dans ton écriture, qui est, elle-même, très rythmée, est-ce volontaire ?

Oui. J’ai un parallèle que je ressortirais tout le temps si on me posait des questions. Il est à peu de choses près celui-ci. Je construis un livre comme un disque et chaque chapitre comme une chanson. Avec une alternance de mélancolie et de drôlerie, et au sein de chaque bloc, des cassures… Ponts. Refrain. Couplets. J’écris à voix haute. Je cherche des allitérations, des assonances. Et j’essaie que ça ne se sente pas. Que ca reste fluide…


Quelle est la part de réalité dans ce que tu écris (as-tu vraiment rencontré Mickael Jackson et Elvis Presley, et si oui, peux-tu nous dire s’il est vrai que l’on n’a jamais marché sur la lune) ?

Les émotions. La joie et la tristesse. Le rire et les larmes. Je pioche dans mon catalogue perso. Le reste c’est de la fiction… sauf les départ des êtres aimés, mais ça c’est autre chose…


Tu as un style, comment dire, très percutant et pleins d’expressions très imagées… est-ce naturel ou travaillé ?

C’est un boulot de dingue. Ces phrases-là ne tiennent à rien. Une virgule mal placée et tout plante « la moindre virgule m’intéresse » disait Céline, et je comprends ça. La respiration, le débit… à l’oral j’essaie ça aussi. La répartie. Le tac au tac. C’est une gymnastique très motivante. Quand ca passe, c’est magique. Quand ca passe pas, un peu moins…


Dans tes deux bouquins, il se passe presqu’autant de rebondissements que dans un épisode de « Plus belle la vie », as-tu une vie aussi trépidante ?

Moins. J’ai beaucoup taquiné le formica des PMU et puis j’ai pris ma retraite. J’ai une vie rangée. Sans être monacale. J’ai gagné en sérénité ce que j’ai perdu en hystérie.

Quelle est ta crêpe préférée (je précise que c’est une question de ma femme) ?

Celle que ta femme me fait quand tu as le dos tourné.


Une question que je me pose souvent et que je me suis particulièrement posée en lisant tes deux bouquins : pourquoi diable croise-t-on dix fois plus de canons dans ton œuvre que dans la vraie vie ? Ou alors je vais pas assez en Bretagne (bon, ton bouquin se déroule aux USA, mais on va pas chipoter ok, moi j’y ai été aux USA, j’ai vu que des Bouledogues de 200 kilos, alors euh… c’est quoi l’astuce ?)

Et ben elles sont quand même pas toutes terribles. Il y a du lambda et du quelconque aussi. J’ai tendance à trouver les filles jolies. Même les imperfections. Le charme féminin… c’est un drôle de truc. Je reste comme un petit garçon face aux « madames ».

Quelle est la question la plus con qu’on t’ait jamais posée (mise à part celle-là (et celle du dessus accessoirement)) ?

« Ca vous fait mal? » par un dentiste qui m’arrachait une molaire après avoir foiré son anesthésie.  


Quelle est la question la moins con qu’on t’ait jamais posée (idem, même s’il y a quand même peu de risques) ?

« Qu’est ce que vous foutez là? » par le type qui faisait passer des tests psychologiques à toute ma promo suite à notre entrée dans une école de commerce.


Je te laisse libre pour la dernière question de te poser la question que tu souhaites et d’y répondre.

– Tu te vois comment à 40 ans?

– Et toi?

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